LE GANG DES KIDNAPPEURS SOUS LES VERROUS

PARIS (AP) - Une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'enquête sur un "gang organisé" à l'origine du meurtre d'un jeune homme retrouvé lundi dans l'Essonne, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires et policières.
Les interpellations effectuées avec l'appui de la brigade de recherche et d'intervention (BRI, antigang), ont été menées principalement dans les Hauts-de-Seine et notamment dans une cité de Bagneux. Au moins trois filles, susceptibles d'avoir joué le rôle d'appât pour le compte du gang de kidnappeurs figureraient au nombre des personnes actuellement entendues au Quai des Orfèvres.
Vendredi, le Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF) a demandé à la communauté juive de "garder son calme". Le CRIF précise être en contact "avec les pouvoirs publics, en particulier avec les cabinets du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur pour demander que tout soit mis en oeuvre pour retrouver au plus vite les auteurs de ce crime et notamment pour déterminer si l'appartenance de la victime à la communauté juive a été ou non déterminante dans le déroulement et l'issue tragique de cet assassinat".
Lundi, un jeune homme de 23 ans domicilié à Paris, Ilan, a été retrouvé près de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Son corps portait de nombreuses traces de brûlures. Découvert menotté et nu le long d'une voie de chemin de fer, il est décédé lors de son transfert à l'hôpital.
Vendeur dans un magasin de téléphonie situé boulevard Voltaire (XIe arrondissement), il avait été enlevé le 21 janvier dernier après un rendez-vous avec une jeune femme. Sa famille avait ensuite reçu de nombreuses demandes de rançon. Les ravisseurs ont d'abord demandé 450.000 euros, avant de réduire la somme.
Les premières interpellations sont intervenues jeudi soir vers 20h30. Les autres personnes ont été arrêtées par les enquêteurs de la brigade criminelle de Paris au cours de la nuit, selon des sources judiciaires. Un homme avait déjà été arrêté mardi matin par la brigade criminelle. Les suspects, comme le prévoit la loi de mars 2004, pourraient voir leur garde à vue prolongée pendant 96 heures.
Dès le début de l'enquête, les policiers s'interrogeaient sur le profil des ravisseurs qui ont à plusieurs moments varié le montant de la rançon, la faisant passer de 450.000 à 5.000 euros. Par ailleurs, la bande a changé à plusieurs reprises les modalités de versement de la rançon.
Le 1er février, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement, séquestration avec actes de torture et de barbarie, association de malfaiteurs" le tout "en bande organisé". Mardi, le chef d'"assassinat" a été ajouté à la liste.