Les ministres européens de l'Agriculture devaient se réunir lundi à Bruxelles pour examiner les aides possibles à un secteur économique frappé de plein fouet, comme celui de l'Italie dont les ventes de volailles ont baissé de 70%. Alors que le virus hautement pathogène et transmissible à l'homme a déjà fait plus de 90 morts pour l'essentiel en Asie, sept personnes ont été placées en observation en Inde, mais l'annonce d'un décès suspect dans l'ouest du pays s'est avéré être une fausse alerte. Des examens de laboratoire ont montré que l'homme, mort le 17 février à l'hôpital de Surat (Etat du Gujarat), avait succombé à une infection bactérienne. Les autorités ont lancé dimanche l'abattage d'environ un demi-million de volailles dans le district de Nandurbar (nord de Bombay), foyer de l'épizootie, alors que des morts suspectes et massives de volailles étaient désormais signalées dans l'Uttar Pradesh (nord). En Egypte, entre 2.000 et 3.000 personnes présentant des symptômes inquiétants ont subi des tests qui se sont révélés négatifs. De nouveaux cas ont été détectés sur des volailles dans des élevages d'au moins neuf gouvernorats sur 26 depuis l'annonce jeudi de la découverte du virus dans le pays, ont annoncé les autorités. Quelque 10.000 poulets ont été abattus dans le gouvernorat de Qaloubiya (nord du Caire), et les autorités ont lancé une campagne pour en finir avec les pratiques d'élevage domestique. Le zoo du Caire a fermé après la mort de plusieurs de ses oiseaux de la grippe aviaire. En Italie, des tests ont confirmé la présence du virus H5N1 sur un canard sauvage retrouvé mort dans la région de Pérouse, en Ombrie (centre), dixième cas avéré dans la péninsule, a annoncé dimanche le ministère de la Santé. Les neuf cygnes porteurs du virus trouvés morts depuis huit jours l'avaient été dans trois régions du sud: les Pouilles, la Sicile et la Calabre. En Allemagne, des experts en décontamination de l'armée ont été dépêchés sur l'île de Rügen, en Mer Baltique (nord-est), où 18 nouveaux cas de virus H5N1 ont été signalés, portant à 59 le nombre de cas découverts jusqu'à présent. Les autorités locales ont ordonné l'abattage d'un élevage avicole de la région à titre préventif, et le commerce et le transport de volailles ont été interdits sur l'île pour 21 jours. La chancelière Angela Merkel devait s'y rendre dimanche. En Roumanie, la présence du virus H5N1 a été confirmée dimanche dans deux nouvelles localités, Tuzla et Navodari, au bord de la mer Noire, portant à 33 le nombre de foyers dans le pays. En Espagne, les autorités sanitaires ont annoncé qu'elles effectuaient des analyses sur un canard retrouvé mort samedi dans un lac de Navarre (nord). Madrid a jugé la semaine dernière "probable" que des oiseaux migrateurs venant du Nigeria contaminent l'Espagne, sur leur route vers le nord de l'Europe. En Grande-Bretagne, le secrétaire d'Etat chargé de la Santé animale, Ben Bradshaw, a jugé dimanche "plus probable" l'arrivée du virus après la découverte d'un cas en France, indiquant cependant que le confinement des volailles ne serait ordonné qu'après la découverte d'une contamination. Cette mesure a déjà été décrétée par au moins douze des 25 pays de l'UE. En France, où la découverte du virus sur un canard a été confirmée samedi, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a détaillé les mesures prévues en cas de pandémie, un scénario très hypothétique qui pourrait faire des millions de morts à travers le monde. "Nous avons commandé jusqu'à 600 millions de masques, nous en avons déjà plus de 250 millions. Nous avons aussi commandé des médicaments" antiviraux Tamiflu, jugés efficaces contre la maladie, a déclaré M. Bertrand à la radio. Au Nigeria, premier foyer de l'épizootie déclaré en Afrique depuis le 8 février, une mission d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rencontrait des responsables locaux pour évoquer les moyens d'endiguer l'épizootie. L'un des principaux éleveurs de volaille, Emmanuel Ijewere, a estimé que la grippe aviaire pourrait coûter 50 milliards de nairas (304 millions d'euros) au pays. Au Maroc, le Haut commissaire aux Eaux et Forêts, Abdeladim Lhafi, a souligné dimanche que son pays était en "phase d'observation", et se tenait "prêt à réagir immédiatement" en cas de détection du virus. |