LA THESE ANTISEMITE RETENUE POUR LE MEUTRE D'ILAN POUR LES SEPT ACCUSES

Publié le par davidguerin

 

 La thèse d'un crime antisémite a été retenue à l'encontre de sept personnes mises en examen lundi soir par la juge d'instruction chargée de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre d'Ilan Halimi, alors que le chef présumé des ravisseurs était toujours en fuite.

Par ailleurs, au moins deux enquêteurs de la police française en charge de l'enquête sur le meurtre d'Ilan Halimi devaient se rendre mardi en Côte d'Ivoire où le chef présumé de la bande de ravisseurs pourrait s'être réfugié.

Les policiers français y meneron des vérifications" dans le cadre d'une commission rogatoire internationale. Selon des sources policières, des mails en provenance de ce pays, signés par le chef supposé de la bande, âgé de 25 ans et originaire de Côte d'Ivoire, ont été retrouvés. Selon une source bien informée à Abidjan, le principal suspect de l'affaire est "susceptible de se trouver en Côte d'Ivoire".

Dominique de Villepin a déclaré lundi soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris, avoir demandé "que toute la lumière soit faite" sur les "motivations" du meurtre "odieux" de M. Halimi, en confirmant que la juge avait retenu "les circonstances aggravantes de crime commis en raison de l'appartenance à une religion", comme l'avait fait juste avant lui le garde des Sceaux Pascal Clément.

Les sept suspects - six hommes et une femme- ont été mis en examen pour "enlèvement et détention", "association de malfaiteurs en vue d'enlèvement, détention et séquestration en bande organisée sous conditions" et "association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre avec préméditation en raison de l'appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion". Toutefois, cette circonstance aggravante peut ne pas être retenue à l'issue de l'instruction en fonction des déclarations des suspects.

L'hypothèse de motivations à caractère antisémite provoque depuis la semaine dernière un émoi dans la communauté juive parisienne. Le président du Crif, Roger Cukierman, a pressé lundi le Premier ministre d'établir "toute la vérité" sur ce meurtre pour savoir si M. Halimi a été tué "parce que juif". De son côté, le Mrap a annoncé lundi soir son intention de porter plainte et de se constituer partie civile dans le cadre de l'instruction, estimant que le "mobile raciste" de ce crime "doit être considéré comme une circonstance aggravante".

L'un des suspects, un jeune homme âgé de 19 ans, est considéré par la justice comme le plus impliqué. Selon son avocate, Me Véronique Massi, qui conteste cette forte implication, il a au contraire "tenté de tout arrêter" et a quitté le gang bien avant que M. Halimi soit retrouvé agonisant. Il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD). Les six autres personnes devaient comparaître tard lundi soir devant le JLD. Le parquet a requis contre elles le mandat de dépôt mais il n'était pas connu lundi peu après minuit qu'elle était la décision du juge. Samedi, trois personnes, dont deux femmes, avaient été mises en examen et écrouées.

Le chef présumé de la bande, qui se fait appeler "the brain of barbarians" ("cerveau des barbares"), 25 ans, était toujours activement recherché lundi. Au moins deux autres personnes, son bras droit de 22 ans ainsi qu'une femme soupçonnée d'avoir séduit des victimes, sont aussi toujours en fuite. A ce jour, selon les enquêteurs, sept personnes, dont Ilan Halimi, ont été prises pour cibles par ces malfaiteurs, dans diverses tentatives d'enlèvement pour leur extorquer de l'argent.

Interrogée par le quotidien israélien Haaretz, la mère d'Ilan, Ruth Halimi, a déclaré que "si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné", en accusant la police française d'ignorer le caractère antisémite des faits. Selon les enquêteurs et le parquet, d'autres victimes n'étaient pas juives et le but premier des ravisseurs était d'obtenir de l'argent. Ils ont ainsi réclamé à la famille 450.000 euros dans un premier temps, la somme étant rabaissée plusieurs fois. Les enquêteurs travaillent également sur un lien éventuel entre ce gang et des tentatives d'extorsion sur des médecins parisiens en 2005.

Ilan Halimi avait été enlevé le 21 janvier. Il a été découvert trois semaines plus tard agonisant à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Une grande partie de son corps portait des traces de tortures.

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Publié dans actualité télé

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