ATTENTION GRIPPE AVIAIRE

La Commission européenne pourrait, dès mercredi, proposer un feu vert sous conditions aux plans français et néerlandais de vaccination contre la grippe aviaire, bien qu'ils suscitent des réserves parmi les Etats membres de l'UE.
Sur la base des discussions mardi entre les experts vétérinaires des 25, "la Commission va maintenant envisager des propositions d'approbation des plans", dont l'application serait toutefois soumise à des "conditions spécifiques", a-t-elle annoncé dans un communiqué.
Le porte-parole du commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou n'a pas donné de détails sur les conditions qui pourraient être requises. Mais la législation européenne prévoit, en cas de vaccinations préventives comme celles envisagées par Paris et La Haye, d'éventuelles restrictions aux mouvements des volailles
Les discussions entre la Commission et les experts des 25 se poursuivront mercredi matin à Bruxelles. L'exécutif européen pourrait leur soumettre à cette occasion ses propositions de feu vert aux deux plans.
Le gouvernement français envisage la vaccination de 900.000 oies et canards d'élevage dans trois départements de l'ouest du pays (Vendée, Loire-atlantique, Landes).
Le plan néerlandais prévoit de son côté de demander aux éleveurs des 5 millions de volailles élevées en plein air dans le pays soit de vacciner soit d'enfermer leurs animaux.
La question de la vaccination divise les 25, faute d'expérience en la matière. Les plans français et néerlandais de vaccination préventive contre le virus H5N1 de la grippe aviaire sont en effet les premiers à être proposés dans l'UE.
La Commission ne cesse de son côté de rappeler que recourir à la vaccination des animaux n'est pas sans risques. Selon elle, les vacciner présente notamment le risque de masquer l'apparition du virus au sein d'un élevage.
L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), pour sa part, ne préconise la vaccination qu'en dernier recours, lorsque l'épizootie a déjà fait son apparition dans les élevages.
Le porte-parole de M. Kyprianou, Philip Tod, avait indiqué mardi matin que les programmes de vaccination devaient remplir "les critères" fixés par la législation européenne, et être notamment suffisamment précis sur les raisons et l'ampleur de la vaccination.
Ils doivent aussi prévoir des contrôles permettant, a posteriori, de distinguer les oiseaux vaccinés d'oiseaux malades.
A cet égard, les plans français et néerlandais prévoient notamment le recours à des oiseaux appelés "sentinelles", qui ne seraient pas vaccinés pour permettre la détection rapide d'une présence éventuelle du virus au sein des élevages.
Un suivi virologique serait aussi mis en place pour vérifier qu'il n'y a pas de porteur sain parmi les animaux vaccinés.
Dix jours après l'apparition de la maladie sur des oiseaux sauvages en Grèce, le virus H5N1 a continué sa percée à travers l'UE, selon un schéma de progression dicté par les oiseaux migrateurs.
Outre la Grèce, le H5N1 touche l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, la Slovénie, la France et depuis mardi la Hongrie.
Pour la Commission européenne, il n'y a cependant pas lieu de céder à la panique.
Le commissaire Kyprianou a encore répété lundi qu'il était "tout à fait sûr de consommer des produits de l'UE" puisque "les produits infectés ne passent pas dans la chaîne de consommation".
Bruxelles se veut d'autant plus rassurante que la filière avicole accuse déjà, dans plusieurs pays comme l'Italie, la Grèce ou la France, une forte baisse des ventes.
Par ailleurs, sur le continent africain, Dakar doit accueillir mercredi et jeudi une réunion ministérielle sous-régionale destinée à coordonner la prévention et la lutte contre la grippe aviaire, qui menace de s'étendre en Afrique de l'Ouest deux semaines après son apparition au Nigeria.