LE PREMIER PROCES DU NICE-LYON EST REPORTE

Publié le par davidguerin

TOULON (AP) - Le procès des deux jeunes Avignonnais qui devaient comparaître lundi devant le tribunal correctionnel de Draguignan (Var) pour des violences présumées à bord du train Nice-Lyon le jour de l'An est reporté. La présidente Colette Martin-Mounis a décidé de renvoyer le dossier à l'instruction "afin de mieux cerner les responsabilités".

Le dossier sera joint à une instruction judiciaire plus large, ouverte le 5 janvier par le procureur de la République de Draguignan, et couvrant l'ensemble des faits survenus dans les trains de la région les 31 décembre 2005 et 1er janvier 2006.

En détention provisoire depuis le 2 janvier, les deux prévenus, âgés de 19 et 20 ans, nés au Maroc et domiciliés dans le Vaucluse, doivent être remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire. Le premier reste poursuivi pour vol aggravé, menace de mort et agression sexuelle; le second pour vol aggravé et menace de mort.

Les deux jeunes hommes avaient été arrêtés le matin du 1er janvier en gare des Arcs (Var) alors que de violents incidents venaient d'éclater à bord du train Nice-Lyon et devaient être jugés le lendemain dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate. Mais le tribunal, réclamant notamment une expertise psychologique pour l'un des prévenus poursuivi pour agression sexuelle, s'était contenté de statuer sur leur mise en détention et avait renvoyé une première fois le procès au 6 mars.

Entre temps, le 5 janvier, le procureur de la République de Draguignan avait ouvert une procédure judiciaire plus large, couvrant les violences commises dans le Nice-Lyon mais aussi l'ensemble des faits survenus le jour même et la veille sur le réseau SNCF en PACA, alors que la Région avait mis en place une opération tarifaire spéciale, proposant des billets à 1,20 euro.

Environ 300 jeunes originaires du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône avaient pris place le 1er janvier dans le TER Nice-Lyon au retour d'une nuit de fête passée sur la Côte d'Azur, profitant de l'opération tarifaire. Le trajet s'était déroulé dans un relatif calme jusqu'à la descente des agents de surveillance de la SNCF à Saint-Raphaël.

La situation avait ensuite dégénéré: par petits groupes, une trentaine d'adolescents environ s'en étaient pris aux voyageurs. Certains passagers avaient été menacés et dépouillés de leur téléphone portable, dans des proportions qui n'ont toujours pas été établies.

En outre, une jeune fille avait porté plainte pour agression sexuelle et avait pu identifier ses agresseurs, dont les deux jeunes gens qui comparaissaient lundi.

L'affaire du Nice-Lyon avait suscité un vif émoi et soulevé une intense polémique, incitant les gendarmes à créer une cellule d'enquête spéciale. A ce jour toutefois, seules sept plaintes ont été déposées, dont deux de la SNCF, alors que 600 personnes étaient présentes à bord du train le 1er janvier.

La semaine dernière, plusieurs personnes ont été interpellées, car elles utilisaient certains des téléphones volés dans le train. Quatre d'entre elles ont été mises en examen et laissées libres, et seront appelées à comparaître les 14 et 16 mars devant le tribunal de Draguignan pour "recel de portable" ou "menaces réitérées de crime contre des personnes".

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