DE VILLEPIN SA FERMETE AMPLIFIENT LA COLERE DES JEUNES ANTI-CPE

Etudiants et lycéens ont immédiatement répliqué lundi à la fermeté du gouvernement sur le CPE en amplifiant leur mouvement avec des blocages et occupations dans des dizaines d'universités et quelques lycées, mais aussi avec des actions coup de poing comme au Collège de France à Paris. Manifestement dopés par l'intervention de Dominique de Villepin, qu'ils ont jugé "autiste", les étudiants ont organisé des assemblées générales globalement plus massives que la semaine dernière, qui ont en majorité voté la grève ou le blocage.
Selon un décompte de l'AFP, 49 universités, IUT et IEP ont été perturbés (27 perturbées et 14 bloquées selon le ministère, 52 selon l'Unef), sur 84 universités.
Quelques lycées ont également été perturbés. Le syndicat lycéen Fidl a estimé qu'il existait aujourd'hui "une réelle effervescence dans les lycées".
Interrogé par l'AFP, le ministre de l'Enseignement supérieur, François Goulard, a affirmé qu'"une minorité d'universités sont affectées à des degrés divers". Il a certifié qu'il comprenait les "réactions de rejet" des étudiants "car ils connaissent mal le monde du travail et peuvent mal interpréter les mesures proposées.
Des manifestants anti-CPE qui occupaient depuis 17H00 le Collège de France en ont été évacués par les CRS peu après 23H00, sans qu'il n'y ait d'incident ni d'interpellation, a constaté un journaliste de l'AFP.
Selon un officier de presse de la préfecture de police de Paris, "il s'agissait d'évacuer mais pas d'interpeller, sauf en cas d'incident".
Peu avant l'intervention des CRS, requise par l'administrateur du Collège de France, les occupants ont entonné des chants révolutionnaires, tels que Bella Ciao, sous les encouragements d'une trentaine de manifestants restés à l'extérieur.
Vers 23H05, les policiers ont gravi les escaliers jusqu'au salon de réception du premier étage où se trouvaient les manifestants. Une courte discussion s'est engagée. Puis les occupants ont été raccompagnés vers la sortie par les CRS, auxquels ils n'ont pas opposé de résistance.
En sortant, les manifestants ont levé le poing en signe de victoire, sous les applaudissements de leurs camarades, en scandant "tous ensemble" ou "police partout, justice nulle part", a constaté un journaliste de l'AFP.
Selon une source policière, "les 40 personnes sont sorties dans le calme", "il n'y a pas eu de blessés".
Les étudiants d'Aix-Marseille I ont également organisé de petites actions symboliques, comme un cours d'écologie sur le parvis de la gare Saint-Charles ou une opération péage gratuit dans un tunnel souterrain de Marseille.
Dans plusieurs universités, comme Toulouse II-Le Mirail ou Paris X-Nanterre, les étudiants ont été rejoints dans la grève par les personnels.
Plusieurs présidents d'université se sont également prononcés officiellement pour la suspension du contrat première embauche.
Pour le président de Toulouse II, Rémy Pech, la suspension du CPE est "un moyen de lever l'interruption du fonctionnement de l'université". La reprise du dialogue "n'est pas possible tant que le CPE est maintenu", a estimé de son côté François-Xavier Cuche, président de l'université Strasbourg II.
Les deux doyens (présidents d'UFR) de Paris VII (Jussieu) ont également demandé au Premier ministre "la suspension du CPE et l'ouverture immédiate de négociations".
La contestation des militants anti-CPE a été telle à Rennes II et Paris X-Nanterre que des référendums (par comptage dans le premier cas, bulletins secrets dans le second) organisés par la présidence sur le blocage des facs ont été annulés lundi.
Ces référendums avaient pour but de consulter l'ensemble des étudiants de ces universités, et non ceux qui se rendent aux assemblées générales, sur la poursuite du blocus, dont certains ont commencé début février.
A Nanterre, l'intersyndicale des personnels avait appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait en ne tenant pas les urnes. Le président a annulé la consultation prévue mardi et décidé la fermeture de l'université "sine die".
A Rennes, les bousculades entre étudiants pro et anti blocage ont poussé le président de l'université, Marc Gontard, à annuler la séance de vote.
A Brest, 82,40% des étudiants qui ont participé au référendum (un peu plus d'un quart du total des étudiants) ont voté la poursuite de la grève et 56,75 celle du blocage.
Les résultats de Dijon n'avaient pas été rendus publics à 20H00. Quant à Lille-III, un référendum, en accord entre présidence et étudiants, est prévu mardi.
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