VILLEPIN PRET A NEGOCIER SUR LE CPE MAIS DANS LE CADRE DE LA LOI
Le Premier ministre est prêt à négocier un aménagement du contrat première embauche (CPE) mais dans le cadre de la loi déjà votée par le Parlement, a déclaré mercredi le ministre délégué au Budget, qui a cependant reconnu que le gouvernement traversait un "moment difficile". Dans ses interventions de mardi devant des parlementaires de l'UMP, Dominique de Villepin "a rappelé que dans cette loi (...) il est prévu - c'est l'article 8 - des ouvertures, des aménagements possibles", a expliqué sur France 2 Jean-François Copé, qui est aussi porte-parole du gouvernement. Les opposants au CPE - un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier sans invoquer de motif - ne désarment pas et ont lancé un appel à une journée de grève interprofessionnelle le 28 mars. Pour Jean-François Copé, Dominique de Villepin "a indiqué que le message était reçu". "Il y a deux sujets sur lesquels il y a des inquiétudes, qui sont d'une part la durée de la période (d'essai) et puis d'autre part les conditions d'un éventuel licenciement", a expliqué le ministre délégué au Budget. "Sur ces deux sujets il a montré que la loi elle-même permettait des ouvertures à travers la discussion avec les partenaires sociaux", a ajouté Jean-François Copé. Il a admis que l'ambiance était "un peu particulière" au gouvernement et dans la majorité mais refusé de commenter des informations de la presse selon lesquelles le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et ses partisans étaient tentés de prendre leur distance avec Dominique de Villepin. "C'est une ambiance qui est quand même un peu particulière, parce que c'est un moment difficile (...) pour un gouvernement, un pays", a déclaré Jean-François Copé. Le Parisien affirme mercredi en première page que Nicolas Sarkozy est "prêt à lâcher Villepin". "Je ne suis pas partisane de dire il faut quitter le gouvernement quand il y a crise", déclare pour sa part la députée "sarkozyste" Nadine Moreno dans une interview publiée par le même quotidien. "Mais on doit être écouté. Personne ne détient la vérité absolue." "On ne peut pas gouverner contre un peuple", fait valoir cette parlementaire, pour qui le gouvernement a fait "une erreur de méthode et de gouvernance". Nicolas Sarkozy "a été solidaire et a donné des propositions. Il faut voir maintenant ce que le Premier ministre en fera", ajoute-t-elle. "On ne perd rien à dialoguer et à entendre les idées des autres." Le CPE "s'inscrit complètement dans la philosophie qui est la nôtre, qui est celle de toute notre famille politique", a répondu indirectement Jean-François Copé sur France 2.