SERGES JULY SUR LE DEPART SOUS LA PRESSION DE ROTHSCHILD

Publié le par davidguerin

 L'homme d'affaires Edouard de Rothschild premier actionnaire de Libération, a demandé le départ du PDG emblématique du titre Serge July, qui a indiqué mardi être prêt à s'écarter pour ne pas entraver un plan de relance du quotidien en difficultés."Edouard de Rothschild a demandé à Louis Dreyfus (directeur général du quotidien, ndlr) et moi-même de quitter le journal", a déclaré Serge July, qui a tenu ces propos mardi lors d'une réunion du comité de rédaction du quotidien. "Si ce départ peut favoriser le refinancement du journal" par l'actionnaire principal, "je n'y ferai pas obstacle", a-t-il poursuivi.

 

Selon Serge July, cette crise est "le fruit d'un désaccord" avec l'actionnaire, qui détient 38,8% des parts du journal, et qui ne s'était pas publiquement exprimé mardi en début de soirée.

Ironie de l'histoire, c'est le même Serge July qui avait usé de toute sa force de persuasion pour convaincre le personnel du quotidien d'accepter l'an dernier comme actionnaire de référence Edouard de Rothschild, issu d'une lignée de banquiers aux antipodes des origines maoïstes du titre.

 

La Société civile des personnels de Libération (SCPL), qui représente le personnel du quotidien et détient 18,45% des actions, devait rencontrer dès mardi soir "l'interlocuteur qui a les clés", à savoir Edouard de Rothschild, en évoquant "un moment charnière" de l'histoire du journal.

Rendant hommage au rôle joué par Serge July pour défendre l'indépendance de Libération, la société des rédacteurs de "Libé" -- une des composantes de la SCPL -- a prévenu Edouard de Rothschild qu'elle ne transigerait pas sur "ces valeurs sans lesquelles Libération n'aurait plus de raison d'être".

 

Ce texte, qui devait être publié dans l'édition de mercredi du quotidien, a été adopté à l'unanimité moins une abstention, mardi lors d'une assemblée générale de plus d'une centaine de personnes.

Selon deux journalistes ayant écouté auparavant l'intervention de Serge July devant ses collaborateurs, le PDG de Libération a indiqué qu'il "n'avait pas de moyen juridique de (s')opposer" au souhait d'Edouard de Rothschild de l'écarter du journal.

 

De son côté, l'ancien directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, avait démenti dès lundi soir être en contact avec des représentants de Libération pour succéder à Serge July.

 

Edouard de Rothschild dispose depuis avril 2005 de 38,8% du capital du quotidien né en 1973, après y avoir investi 20 millions d'euros.

 

Mais des rumeurs de dissensions entre l'actionnaire principal et la direction du quotidien se sont accumulées ces derniers mois, à mesure que s'égrénaient les mauvais chiffres de diffusion de Libération (136.921 en 2005 en diffusion France payée selon les chiffres officiels de l'OJD).

 

Selon la lettre spécialisée Press News, la crise est devenue ouverte depuis une lettre envoyée vendredi dernier par Edouard de Rothschild aux autres associés du journal, dans laquelle il se livrait à une critique très vive de la gestion du quotidien par M. July et son équipe.

 

Libération sort difficilement d'une des plus graves crises de son histoire mouvementée, marquée fin novembre par une grève de quatre jours.

 

Le mouvement visait à s'opposer à un plan de 52 suppressions d'emplois. Un guichet destiné aux seuls départs volontaires avait finalement été ouvert, conduisant au départ de 56 personnes.

"Edouard de Rothschild a demandé à Louis Dreyfus (directeur général du quotidien, ndlr) et moi-même de quitter le journal", a déclaré Serge July, qui a tenu ces propos mardi lors d'une réunion du comité de rédaction du quotidien. "Si ce départ peut favoriser le refinancement du journal" par l'actionnaire principal, "je n'y ferai pas obstacle", a-t-il poursuivi. Ironie de l'histoire, c'est le même Serge July qui avait usé de toute sa force de persuasion pour convaincre le personnel du quotidien d'accepter l'an dernier comme actionnaire de référence Edouard de Rothschild, issu d'une lignée de banquiers aux antipodes des origines maoïstes du titre. Rendant hommage au rôle joué par Serge July pour défendre l'indépendance de Libération, la société des rédacteurs de "Libé" -- une des composantes de la SCPL -- a prévenu Edouard de Rothschild qu'elle ne transigerait pas sur "ces valeurs sans lesquelles Libération n'aurait plus de raison d'être". Selon deux journalistes ayant écouté auparavant l'intervention de Serge July devant ses collaborateurs, le PDG de Libération a indiqué qu'il "n'avait pas de moyen juridique de (s')opposer" au souhait d'Edouard de Rothschild de l'écarter du journal. De son côté, l'ancien directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, avait démenti dès lundi soir être en contact avec des représentants de Libération pour succéder à Serge July. Edouard de Rothschild dispose depuis avril 2005 de 38,8% du capital du quotidien né en 1973, après y avoir investi 20 millions d'euros. Mais des rumeurs de dissensions entre l'actionnaire principal et la direction du quotidien se sont accumulées ces derniers mois, à mesure que s'égrénaient les mauvais chiffres de diffusion de Libération (136.921 en 2005 en diffusion France payée selon les chiffres officiels de l'OJD). Selon la lettre spécialisée Press News, la crise est devenue ouverte depuis une lettre envoyée vendredi dernier par Edouard de Rothschild aux autres associés du journal, dans laquelle il se livrait à une critique très vive de la gestion du quotidien par M. July et son équipe. Libération sort difficilement d'une des plus graves crises de son histoire mouvementée, marquée fin novembre par une grève de quatre jours. Le mouvement visait à s'opposer à un plan de 52 suppressions d'emplois. Un guichet destiné aux seuls départs volontaires avait finalement été ouvert, conduisant au départ de 56 personnes.
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