LES POLITIQUES INDULGENTS AVEC ZIDANE, LE CHAMPION SIMPLEMENT HUMAIN
La classe politique refuse de déboulonner la légende Zidane mais attend des "explications" du footballeur pour son coup de tête sur un défenseur italien en finale du Mondial, un geste qui prend l'ampleur d'une affaire nationale.
Alors que le mystère demeure sur ce que Marco Materazzi a dit pour provoquer le coup de folie qui a valu à Zinedine Zidane son exclusion, les politiques, comme l'opinion, font preuve d'indulgence à l'égard d'un joueur devenu héros national depuis la victoire des Bleus en 1998.61% des Français (contre 27%) pardonnent à Zidane son geste, selon un sondage CSA dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Ils sont même 52% (contre 32%) à comprendre sa réaction.
Jacques Chirac a rendu un vibrant hommage à "Zizou", exprimant "l'admiration et l'affection de la nation toute entière", en recevant lundi les joueurs de l'équipe de France à l'Elysée, au lendemain de la défaite.
A l'image de Jean-Pierre Raffarin (UMP), la plupart des politiques veulent voir dans le mauvais geste du numéro 10 français la preuve que le héros est "un homme imparfait, comme les autres". "Maintenant, on sait qu'il n'est pas la perfection, ce n'est pas un Dieu", note l'ancien Premier ministre sur son blog.
Zidane "était devenu un demi-dieu, il a montré, en fait, tout simplement qu'il était humain", a jugé le ministre de l'Outre-mer François Baroin.
Pour le porte-parole du PS Julien Dray, lui aussi "choqué" par le geste, "on avait tellement fait de Zinedine Zidane une sorte de dieu qu'il est redevenu humain, c'est-à-dire un personnage qui peut craquer".
Zidane "est doté de qualités extraordinaires, et en même temps c'est un humain", a souligné également l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (PS).
M. Fabius a indiqué attendre que le meneur de jeu des Bleus reconnaisse comme "normale" la sanction qui l'a frappé, ajoutant qu'en cas de "propos provocateurs", Materazzi devrait être sanctionné.
Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe Verts au Parlement européen, a vu dans la finale "une tragédie grecque où le héros en fait est un être humain, avec toute sa grandeur et ses faiblesses".
Plusieurs responsables, comme la ministre Catherine Vautrin (Cohésion sociale) attendent une "explication" de Zidane. Son collègue Jean-François Copé (Budget), a confié avoir "très envie de savoir ce qui s'est passé".
L'ancien ministre des Affaires sociales François Fillon (UMP) a demandé une "enquête" de la FIFA afin d'établir si des "injures raciales" ont été proférées par Materazzi, même si "rien ne peut excuser le geste de colère" de Zidane.
Il "faut qu'on sache exactement ce qui s'est passé", a affirmé à l'AFP Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports (PCF).
La FIFA a annoncé mardi qu'elle allait ouvrir une enquête disciplinaire à l'encontre de Zidane.
Le plus sévère a été Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France. Le capitaine des Bleus "doit s'excuser, doit dire ses regrets", a-t-il jugé.
"Plus on est haut dans la hiérarchie, plus on est responsable du modèle que l'on offre", a estimé de son côté Jean-Marie Le Pen, président du Front national. Mais, a-t-il ajouté, "à tout péché on doit miséricorde".
Eric Raoult (UMP), vice-président de l'Assemblée nationale, est allé jusqu'à demander à Jacques Chirac de décorer les Bleus de la Légion d'honneur et d'élever Zidane au grade d'Officier à l'occasion du 14 juillet.
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