JACQUES CHIRAC EN HAUT DE SA FORME POUR SON DIERNIER 14 JUILLET DE SON MANDAT

Publié le par davidguerin

Par Michel LECLERCQ et Emmanuel SEROT

 

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 Jacques Chirac s'est voulu offensif pour la dernière interview du 14 juillet de son mandat, montrant qu'il entend rester jusqu'au bout aux commandes, mais il a aussi ménagé le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui espère lui succéder à l'Elysée.

"Je ne suis pas à l'heure du bilan. Je suis à l'heure de l'action", a lancé le chef de l'Etat, avant d'énoncer une série de réformes restant à entreprendre d'ici la présidentielle de 2007.

 

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Questionné sur le regard qu'il peut porter sur ses douze ans à l'Elysée, il a éludé. Ne nous interrogeons pas, a-t-il dit, "sur le sexe des anges".

"Je ne me situe pas dans un temps limité", a averti M. Chirac, 73 ans, réaffirmant qu'il annoncerait au "premier trimestre de l'année prochaine" sa décision sur une éventuelle candidature.

 

Cette hypothèse est considérée par beaucoup comme bien peu probable alors que Nicolas Sarkozy le distancerait largement au premier tour (28% contre 8%) du scrutin, d'après un sondage IFOP/Paris Match paru début juillet.

 

Souci d'apaisement ou pragmatisme, Jacques Chirac a ménagé ce rival possible, très probable candidat à la présidentielle.

 

Loin du "je décide, il exécute" asséné le 14 juillet 2004, M. Chirac s'est montré élogieux avec son ministre de l'Intérieur. Il a même affirmé que ses relations avec lui étaient "très bonnes" et il lui a reconnu une stature d'homme d'Etat.

 

Avant l'interview, le président de l'UMP avait fait une brève apparition à la garden-party présidentielle, main dans la main avec son épouse Cécilia, avant de rejoindre son bureau du ministère, où il a regardé l'intervention de M. Chirac.

 

Ce refus de Jacques Chirac de se pencher sur son passé élyséen a été au coeur des critiques décochées à gauche comme à droite.

 

"A ainsi disparu de ses propos tout ce qui a fait la réalité de l'année écoulée : crise des banlieues, du CPE et montée de la violence", a déploré le porte-parole PS Julien Dray. "Le président a voulu sauver du temps, faire comme s'il en disposait encore".

 

"Rien de novueau sous le soleil de l'Elysée" !" s'est exclamée l'UDF, tandis que pour le FN, Chirac "a promis de faire dans les huit mois qui viennent ce qu'il a pu, su ou voulu faire" pendant des décennies.

 

Après avoir stagné pendant des mois au plus bas des sondages, M. Chirac bénéficie d'une embellie de popularité, due en partie à l'euphorie du mondial de foot.

 

S'attardant sur les grands sujets internationaux, domaine dans lesquels les Français reconnaissent ses qualités, M. Chirac s'est plu à rappeler, à propos du Proche Orient, la période de la guerre en Irak qui lui avait valu une popularité record.

 

La gestion de ces crises requiert, a-t-il glissé, "beaucoup d'expérience, beaucoup de finesse"...

 

L'UE a été la grande absente de ce rendez-vous annuel. Certes, la question ne lui fut pas posée. Mais de lui-même, Jacques Chirac n'a pas abordé une seule fois les questions européennes.
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