CHERIE VIENT CONTRARIER LA FETE DES ADIEUX DE TONY BLAIR
- Tony Blair doit faire mardi ses adieux au parti travailliste qu'il dirige depuis 12 ans, dans un discours très attendu, résolument tourné vers l'avenir, mais assombri par une gaffe attribuée à son épouse Cherie.
L'entourage du Premier ministre britannique avait mardi un souci immédiat, avant le discours prévu en début d'après-midi: calmer la tempête provoquée par Cherie Blair, accusée d'avoir torpillé d'une seule remarque le discours du successeur présumé de son époux Gordon Brown lundi.
Au moment où M. Brown rendait hommage à M. Blair, Mme Blair, le voyant sur un écran de télévision, aurait déclaré: "C'est un mensonge". La petite remarque entendue par une journaliste de l'agence Bloomberg, faisait la une mardi de quasiment toute la presse britannique, peu impressionnée par le démenti tardif apporté lundi soir par Mme Blair.
Mardi matin, plusieurs "blairites" sont montés au créneau pour limiter les dégâts."C'est une tempête dans un verre d'eau", a dénoncé sur la BBC Peter Mandelson, l'actuel commissaire européen au Commerce, très proche de M. Blair.
M. Blair a "réussi de façon phénoménale (...) et j'espère qu'ils (les délégués du Congrès travailliste) réagiront en conséquence", a pour sa part déclaré la ministre aux communautés locales Ruth Kelly.
Le Congrès de Manchester (nord-ouest) est le 13è et dernier pour Tony Blair en tant que chef du Labour.
Il y a deux semaines, contraint par une rébellion interne que M. Brown, son ministre des Finances, a été accusé d'avoir orchestrée, il avait annoncé qu'il aurait quitté la tête du parti et donc Downing Street d'ici à un an.
M. Blair dirige le parti depuis 12 ans, et l'a conduit à trois victoires électorales historiques, après 18 ans dans l'opposition.
Le Premier ministre se refuse, il l'a dit, à toute nostalgie, même si pour lui ce dernier Congrès est "étrange".
Et son discours devrait établir "une feuille de route" pour assurer aux travaillistes une quatrième victoire électorale consécutive en 2009, en continuant les réformes et étant encore plus "Nouveau Labour".
"Les défis auxquels nous faisions face en 1997 ne sont rien par rapport à la taille de ceux de 2007", doit y déclarer M. Blair. "C'est pour cela que le nouveau Labour doit se renouveler dans un monde changeant", doit-il ajouter, affirmant que le Labour est "bien préparé à une deuxième décade au pouvoir", à condition de cesser les querelles internes.
Mais selon son entourage, l'homme qui domine depuis près de 10 ans la vie politique britannique n'abordera pas la question de sa succession, dont il avait affirmé dès dimanche qu'elle n'avait pas sa place au Congrès du Labour.
Il devrait aussi rendre hommage à Gordon Brown, mais sans pour autant clairement le soutenir comme successeur présumé.
En dépit du mot d'ordre d'unité, l'animosité entre les deux hommes reste patente, et M. Blair avait accepté lundi sans sourire l'hommage appuyé et les "regrets" affichés de Gordon Brown face à leurs conflits passés.
La relation de M. Blair avec le parti travailliste, dont il avait pris la tête en 1994, à 41 ans, le réformant de fond en comble pour en faire une formation résolument centriste, n'a pas toujours été facile. Mais tout lui a longtemps été pardonné, tant M. Blair restait une formidable machine à gagner.
La guerre en Irak en 2003, son alignement sans faille avec les Etats-unis, et sur le plan intérieur certaines réformes controversées comme celle de la santé publique ont cependant inexorablement terni son étoile. L'impatience de Gordon Brown a fait le reste, réussissant finalement à le pousser vers la sortie.
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