DANS LES ANNEE 90 EXERCICE DE MAGISTRAT A TOULON N'ETAIT PAS FACILLE AVEC L'AFFAIRE LEVY

Publié le par davidguerin

 Albert Lévy, magistrat poursuivi pour violation du secret de l'instruction, s'est défendu lundi d'être à l'origine de fuites dans la presse sur une affaire de malversations impliquant la mairie FN de Toulon et a mis en avant la difficulté à exercer dans cette ville dans les années 90.

Dans cette affaire, jugée pour la deuxième fois en deux ans devant le tribunal correctionnel de Paris, ont surgi en toile de fond l'enquête sur l'assassinat de la députée Yann Piat en 1994 et les relations entre la classe politique et le "milieu" varois à l'époque.

 

Les faits remontent à 1998, trois ans après l'élection de Jean-Marie Le Chevallier alors étiqueté Front National comme maire de Toulon. En avril, un article de l'hebdomadaire VSD accuse la municipalité de Toulon d'avoir perçu des pots de vin d'une entreprise candidate à l'attribution du marché des cantines scolaires de la ville. Une perquisition chez l'auteur, le journaliste Claude Ardid, mène à de nombreuses pièces de procédure.

 

L'article s'appuie notamment sur un procès verbal d'audition d'un entrepreneur local (alors écroué dans une autre affaire) confiant à M. Lévy des révélations embarrassantes pour M. Le Chevallier.

 

"Je confirme que je n'ai remis aucune espèce de document à Claude Ardid", se défend Albert Lévy, qui encourt deux ans de prison.

 

Interrogé par le président du tribunal pour savoir pourquoi l'entrepreneur accusateur voulait absolument se confier à lui, alors substitut du procureur, le magistrat répond: "chacun connaissait ma pugnacité dans le traitement du grand banditisme" au tribunal de Toulon dans les années 1990.

 

M. Lévy évoque ainsi la difficulté d'exercer comme magistrat face au "microcosme toulonnais". "On touchait forcément à des personnes qui ne devaient pas être visées".

 

"Ce qui est extraordinaire c'est cette alliance ouverte de l'institutionnel avec la pègre", affirme-t-il encore à la barre. Quant aux faits reprochés, ils ne sont, d'après lui, qu'une illustration du pouvoir de nuisance qu'avait cette alliance.

 

Pour la défense du magistrat, ce procès dans lequel le président du FN Jean-Marie Le Pen est partie civile résulte d'un "acharnement" et d'une "campagne calomnieuse" contre M. Lévy.

 

Claude Ardid, également poursuivi avec deux ex-fonctionnaires des Renseignements généraux (RG), raconte sa "relation amicale et professionnelle" avec Albert Lévy, qui avait "tout pigé" du système varois.

 

Mais le journaliste assure aussi qu'il profitait de "tuyaux" de nombreux magistrats, pas uniquement de M. Lévy. Pour M. Ardid, M. Lévy était "victime d'un antisémitisme violent", jusque dans les couloirs du palais de justice de Toulon.

 

Un premier procès s'était tenu en 2004 mais sur la base d'une ordonnance de renvoi finalement annulée par la Cour d'appel de Paris. Les avocats de M. Lévy avaient plaidé sa nullité, estimant que les poursuites portaient à tort sur certains documents pour lesquels il n'avait pas été mis en examen.

 

Le procès se poursuit mardi. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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Publié dans actualité télé

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