LE ZAPPING DE LA SEMAINE

Trois ans après son rôle de la marquise de Pompadour dans "Fanfan La Tulipe" (de Gérard Krawczyk), Hélène de Fougerolles retrouve, dans "Jeanne Poisson marquise de Pompadour", le personnage de la favorite de Louis XV, toujours face à Vincent Perez, cette fois dans le rôle du roi lui-même. Ne vous attendez pas à une reconstitution historique scrupuleuse, cette co-production Cinetévé-France 2 plutôt divertissante (réalisée par Robin Davis) s'attache avant tout à l'histoire d'amour, certes peu commune, entre la roturière et Louis le Bien-Aimé, quitte à gommer un peu la complexité des personnages historiques. On apprécie les décors, la magnificence des costumes et les dialogues bien tournés, mais l'ancrage historique reste limité à quelques allusions, le ressort de l'intrigue s'appuyant principalement sur les aléas du couple. Quelques scènes bien senties montrent le calvaire de la jeune bourgeoise pour s'imposer à Versailles d'abord comme "favorite" du roi, puis comme conseillère avisée, défendant les arts et les philosophes des Lumières. Surnommée "La Bestiole" (car ayant le titre de Madame d'Etioles), ou la "Poisson" (son vrai nom), Jeanne est au gré des faveurs et défaveurs, acceptée ou renvoyée de Versailles sous l'influence de la famille royale qui la déteste cordialement, le dauphin (Damien Jouillerot) en tête. La reine, incarnée par une Charlotte de Turckheim pleine de dignité, s'avèrera parfois une alliée. Si dans le premier épisode, Hélène de Fougerolles entre avec naturel dans le rôle de la jeune femme charmante et ambitieuse, il est plus intéressant, en seconde partie, de la voir en marquise vieillissante et malade, ou marquée par les coups du sort, de la trahison de sa cousine au décès de sa fille. Vincent Perez, pour sa part, ne s'en tire pas trop mal en roi coureur de jupons invétéré.
- "Jeanne Poisson marquise de Pompadour": lundi 16 octobre et mardi 17 octobre, 20h50, France-2
Prolongement direct d'une exposition "L'île et Elle" réalisée par Agnès Varda, ayant pour cadre l'Ile de Noirmoutier, (qui vient de se terminer à la Fondation Cartier), le documentaire "Quelques veuves de Noirmoutier" décrypte avec sobriété et respect la question universelle du deuil du conjoint, cette "amputation" d'une partie de soi. Une série de veuves, vieilles ou moins vieilles, parlent de l'absence du mari, souvent marin, une photo entre les mains, dans les paysages venteux du bord de mer. "Il était gueulard, il avait son caractère", se souvient l'une, "Il me manque mais je n'ai pas envie qu'il me manque", revendique une plus jeune. Elles portent l'absence de l'autre, chacune à leur façon, les alliances autour du cou ou en s'engageant dans une "relation sans avenir". Parfois les larmes viennent et la voix s'éraille, ou c'est l'oeil d'une doyenne qui s'éclaire quand elle parle d'un moment complice. Alternant les interviews et des moments plus libres où la caméra se promène sur les intérieurs ou sur des détails, le film explore l'intime sans voyeurisme et décrit avec justesse les douleurs, parfois la colère de ces femmes. Pour terminer, la réalisatrice, veuve de Jacques Demy, s'inscrit dans son propre documentaire, mais de façon silencieuse, prenant symboliquement à son compte tout ce qui a été dit auparavant.
- "Quelques veuves de Noirmoutier": lundi 16 octobre, 22h25, Arte
Le documentaire "Hongrie 1956" revient, par le biais du récit de plusieurs témoins, interrogés 50 ans après, sur la page sombre des événements d'octobre 1956 dans un pays qui vivait à l'époque sous la coupe soviétique. Une sorte de Mai 68 avant l'heure, réprimé par l'Armée rouge à Budapest, d'autant plus violemment que c'était le premier signe de fissure du bloc soviétique.
- "Hongrie 1956": mercredi 18 octobre, 20h40, Arte
Le deuxième volet du nouveau documentaire réalisé par Charles Enderlin, correspondant de longue date de France-2 en Israël, raconte faits après faits, l'ascension du Hamas dans les territoires palestiniens et la guerre de l'Etat hébreu contre le Hezbollah, avec des protagonistes désormais disparus, Sharon et Arafat. Indispensable pour mieux comprendre la situation explosive d'aujourd'hui.
- "Les années de sang: Israël-Palestine": jeudi 19 octobre, 23h05, France 2
La femme moderne à l'honneur sur Arte vendredi soir, avec un documentaire sur le magazine "Elle" retraçant ses 60 ans d'existence, avec les interventions amusantes d'actrices comme Arielle Dombasle ou Jeanne Moreau pour ponctuer les images d'archives. La soirée est complétée par un portait d'une philosophe américaine méconnue, Judith Butler, qui n'a cessé de s'interroger sur l'identité féminine.
- Soirée Thema vendredi 20 octobre, 23h50, Arte
PARIS (AP) -- Amateurs du Pays du soleil levant, le Japon se dévoile toute la semaine dans la série Arte Découverte. Au menu: l'évolution du métier de geisha, la tradition des sushis, les animaux de l'archipel, le prestigieux hôtel de Tawaraya à Kyoto, classé comme l'un des plus prestigieux, et enfin l'esprit du bain à la japonaise.
- Arte Découverte Le Japon: du lundi au vendredi à 19h, Arte
Documentaire sur l'arrivée récente de militaires français au Liban, ce film nous présente concrètement les préparatifs, le voyage et l'action (déploiement des troupes, notamment des divisions de chars Leclerc, aide à la reconstruction...) des casques bleus et légionnaires au pays du Cèdre après l'offensive israélienne en suivant trois personnages, dont une femme.
- "Casques Bleus Français : destination Liban": dimanche 22 octobre, 21h50, France-5
Pour le 10e anniversaire de la chaîne Teva, celle propose aux couches-tard et aux accros de la série désormais mythique "Sex and the city", une sélection des épisodes les plus "sexe", relatant comme toujours les aventures des quatres New-yorkaises. De quoi décompresser agréablement d'une semaine chargée!
- Vendredi 20 octobre, 0h10, Teva
Que pensez vous de cette nouvelle rubrique.
Alain TRANNOY-MOIRAND