Le journaliste Yves Calvi fêtera samedi sur France 5, à 17H30, la millième édition de "C dans l’air", émission phare de cette chaîne publique chargée de favoriser l’accès au savoir, où il invite chaque jour une équipe de spécialistes à décrypter l'actualité.
Dans le peloton de tête des audiences, "C dans l’air", diffusée du lundi au vendredi à partir de 17H50, est suivi en moyenne par près de 1,5 million de téléspectateurs, séduits par le ton de l'animateur.
Yves Calvi, 47 ans, qui a fait de "la recherche des clés pour comprendre" sa marque de fabrique, est également aux commandes depuis peu de "Mots croisés", magazine politique de France 2.
Pour "C dans l'air" comme pour "Mots croisés", un seul objectif: être l'"intercesseur en faveur de la compréhension des choses et des faits par Monsieur et Madame Tout-le-Monde".
Pour lui, l'exercice n'est pas neuf: il a animé pendant cinq ans, de 2001 à 2005, sur la radio Europe 1 un rendez-vous quotidien où il interrogeait des spécialistes sur des thèmes aussi variés que la conquête de l'espace, la reproduction des cétacés ou la saga des grands magasins. Jacques Pradel lui a succédé avec la même formule.
"Je suis intervieweur avant tout chose. Le premier devoir d’un journaliste est d’être compris par le public, d’aller le plus loin possible en son nom dans la compréhension et l’explication d’un fait", souligne à l’AFP le journaliste qui a fait ses classes en 1986 à RFI, après une licence de lettres modernes et Sciences Po dont, tient-il à préciser, il a raté le diplôme.
"Tout est dans la réponse et, si elle me paraît incomplète, je répète la question", explique Yves Calvi, journaliste volubile et au style pugnace dont la réactivité déstabilise parfois ses interlocuteurs.
"Le succès de +C dans l’air+ est la victoire d’un concept inventé par Jérôme Bellay", estime Yves Calvi, évoquant le fondateur de France Info et l'ancien patron d'Europe 1 (1996-2005).
De son vrai nom Yves Krettly, fils du compositeur et chef d’orchestre Gérard Calvi, Yves Calvi fît partie des pionniers de France Info après avoir été recruté sur cassette par Jérôme Bellay, auquel il doit, assure-t-il, d'avoir "appris à expliquer".
Quelques années plus tard, le journaliste devait participer à la création de Télé Lyon Métropole. "Avec Jérôme Bellay, l’équipe a montré qu’il était possible en France de créer une vraie chaîne locale, comme il y en a des centaines aux Etats-Unis", dit-il.
Devenu un homme de télévision, Yves Calvi aimerait pourtant refaire un jour de la radio, un média qu'il considère comme "nécessaire à son équilibre personnel". Selon lui, "la télé peut rendre fou par son impact plus important".
Pense-t-il au journal de 20H00 ? "Ce n’est spontanément pas dans mes cordes. Je n’en ai jamais rêvé et on ne me l’a jamais proposé", répond-il.
A ses moments perdus, il reste boulimique d’infos, mais se passionne pour mille autres sujets, en particulier l’histoire de France. Avec Gilbert Bodinier, il a publié et préfacé aux éditions du Nouveau Monde la biographie de l’un de ses aïeux, le capitaine Elie Krettly, trompette-major héroïque qui participa aux campagnes de Napoléon.