MISE EN EXAMEN REQUISE CONTRE 4 DES 5 MINEURS SUR LE BUS DE MARSEILLE

Le parquet a requis la mise en examen et un mandat de dépôt contre seulement quatre des cinq mineurs interpellés mardi en lien avec l'incendie criminel d'un bus à Marseille, a déclaré jeudi le procureur de la République Jacques Beaume.
"Sur les cinq, je n'ai saisi le juge d'instruction pour mise en examen et mandat de dépôt que pour quatre entre eux", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse.
Il a demandé que le cinquième, âgé de moins de seize ans, soit entendu comme témoin assisté.
Les autres mineurs sont âgés de 15 à 17 ans.
M. Beaume a précisé qu'une information judiciaire pour "incendie volontaire ayant entraîne une infirmité ou une mutiliation permanente" avait été ouverte concernant le cas de Mama Galledou, la passagère de 26 ans grièvement brûlée dans l'incendie du bus samedi soir, qui est toujours entre la vie et la mort.
Une autre information pour "infirmité ayant entraîné une incapacité de travail de huit jours ou plus" a également été ouverte. Elle concerne les quatre autres passagers intoxiqués lors de l'incendie.
Les cinq mineurs avaient été déférés jeudi matin au parquet.
Ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle, si la victime, Mama Galledou, subit une infirmité permanente - la perpétuité si elle décède, avec possibilité pour une cour d'assises d'écarter l'excuse de minorité pour les plus de seize ans.
La jeune femme, une Française d'origine sénégalaise âgée de 26 ans, était toujours jeudi entre la vie et la mort: "L'état clinique est stationnaire", sans "aucune complication significative", a précisé à la mi-journée l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille.
Le procureur et les enquêteurs devaient tenir une conférence de presse dans l'après-midi pour faire le point sur l'affaire.
En visite express à la victime, à sa famille et aux enquêteurs, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a laissé entendre mercredi soir qu'il pourrait y avoir d'autres interpellations: "Rien n'est terminé", a-t-il dit.
La garde à vue des cinq jeunes a pris fin jeudi matin tôt. Ils avaient été interpellés mardi à l'aube, dans le calme, dans les cités des Lilas et des Oliviers jouxtant le lieu où le bus avait été incendié samedi soir, dans le 13e arrondissement (nord-est de la ville).
Des jeunes du quartier prévoyaient d'organiser une marche de soutien à Mama Galledou et à sa famille en début d'après-midi, au rond-point où le bus en flammes s'est arrêté et qui porte encore les traces du drame.
Selon la mairie d'arrondissement, "des SMS ont circulé (jeudi) matin appelant à une manifestation contre la stigmatisation des enfants du quartier".
Ce drame "nous est tombé sur la tête. Tous les adultes responsables se sont réveillés en disant +ce n'est pas ici que ça c'est passé+", a raconté une employée du centre social de Malpassé, installée dans l'immeuble de la cité des Lilas, où un jeune a été interpellé mardi.
Le père de Mama Galledou, un universitaire arrivé lundi du Sénégal, ses frères et soeurs, sont à son chevet. Ils tiennent à rester à l'écart des médias. "La famille souhaite garder la plus grande discrétion", a déclaré un des cousins de Mama Galledou.
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