LE BEAUJOLAIS NOUVEAU EST ARRIVEE

Publié le par davidguerin

 Le Beaujolais nouveau 2006, à déguster à partir de ce jeudi, devrait combler les amateurs de vins frais et fruités mais il ne suffira sans doute pas à consoler les producteurs de la région, qui tardent à sortir d'une crise structurelle.

Le Beaujolais nouveau 2006 offre "beaucoup de fraîcheur, beaucoup de fruit et davantage de souplesse que le cru 2005. C'est un vin vraiment nouveau, avec une acidité très faible", estime Daniel Buillat, président de l'amicale des Beaujolais village.

 

Pour autant, derrière le commentaire plutôt flatteur, l'ambiance générale reste morose dans la région du Beaujolais, marquée par des prix qui ne se redressent pas en dépit des efforts de nombreux producteurs. Ainsi, un hectolitre de Beaujolais village nouveau se négocie aujourd'hui à 158 euros, soit 6 euros de moins qu'en 2005.

 

"Nous avons fait de gros efforts sur la qualité, des efforts qui coûtent cher et nous ne sommes pas récompensés. Nous avons en plus à faire face à des coûts qui augmentent et si on cherche à les réduire, ce sera au détriment de la qualité", ajoute M. Buillat.

 

Pourtant, les volumes de production ont été relativement maîtrisés. 430.000 hectolitres de Beaujolais nouveau et de Beaujolais village nouveau seront produits cette année, ce qui devrait permettre de limiter les invendus. 383.000 hectolitres avaient été commercialisés en France et à l'étranger en 2005.

 

Des pistes sont toujours à l'étude pour réduire les coûts, comme l'autorisation des récoltes mécanisées, le Beaujolais étant, avec la Champagne, le seul vignoble de France où la vendange manuelle est une pratique généralisée. Mais il faudrait modifier le cahier des charges et cela prendrait plusieurs années. De plus, "un tiers des vignobles du Beaujolais sont situés sur des coteaux, qui réclament des méthodes particulières", souligne le président de l'Inter-Beaujolais, Ghislain de Longevialle.

 

Plutôt que d'un strict contrôle des volumes produits, ce dernier préfère parler d'"une meilleure maîtrise de la filière Beaujolais pour permettre sa valorisation".

 

"Actuellement, nous ne nous sommes pas adaptés aux regroupements, notamment des négociants. Trop souvent le vin +échappe+ à la filière au profit de gens qui veulent faire des +coups+ commerciaux. Certains vins sont vendus à des prix insolents par rapport à la réalité et au marché", déplore M. de Longevialle. "Il faut restreindre le champ d'action de ces gens-là", poursuit-il, pointant notamment du doigt les "hard-discounter" et les enseignes qui se servent du Beaujolais nouveau comme d'un produit d'appel, en le vendant parfois à perte. L'espoir, pour sortir de la crise, réside en partie dans le renforcement des exportations.

 

Si le Japon demeure encore le plus gros marché de Beaujolais nouveau, devant l'Allemagne et les Etats-Unis, la Chine constitue un vrai marché d'avenir, même si les ventes y sont encore embryonnaires. En 2005, elles ont été de 207 hectolitres, ce qui représente toutefois une progression de 64% par rapport à l'année précédente.

 

Dans les prochains jours, les grands magasins de Pékin et de Shanghai devraient organiser, pour la deuxième année consécutive, des opérations de promotion du Beaujolais nouveau 2006.

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Publié dans actualité télé

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