AVIS DE TEMPETE POUR LA SNCM DANS LA BATAILLE POUR LA DESSERTE DE LA CORSE

Publié le par davidguerin

 La SNCM fait face depuis vendredi à un double avis de tempête, après l'annulation de l'appel d'offres pour la desserte de la Corse, pour laquelle elle était pressentie, et le maintien de l'indépendance de sa concurrente, la CMN, dont elle voulait prendre le contrôle.

Le Conseil d'Etat a annulé l'appel d'offres piloté par la Collectivité territoriale de Corse (CTC) pour attribuer la délégation de service public (DSP) pour la desserte continent-Corse entre 2007 et 2012, un juteux marché doté de 95 millions d'euros de subventions annuelles. Le Conseil d'Etat avait été saisi par la compagnie maritime Corsica Ferries, une des deux concurrentes de la SNCM pour la DSP.

 

Lancé en août, cet appel d'offres semblait taillé sur mesure pour la SNCM, détentrice actuelle de la DSP. Le conseil exécutif de Corse avait d'ailleurs recommandé le choix de cette compagnie, le 11 décembre. Un choix qui semblait écarter les risques d'un nouveau conflit social à la Société nationale Corse Méditerranée (2.400 salariés), privatisée au printemps 2006 au profit de Veolia Transports et du fonds d'investissement Butler Capital Partners (BCP).

 

Veolia et BCP avaient conditionné la pérennité de leur engagement à l'obtention de la DSP pour la desserte de la Corse.

 

Interrogé par l'AFP, le groupe Veolia Transports n'a pas souhaité réagir immédiatement.

 

La Corsica Ferries, qui devance aujourd'hui la SNCM pour la desserte de la Corse (plus de deux millions de passagers), s'est en revanche félicitée de la décision du Conseil d'Etat: "il était urgent de rebâtir un vrai appel d'offres, de refaire un vrai cahier des charges", a déclaré à l'AFP son directeur général, Pierre Mattei, selon qui la Collectivité territoriale ne cherchait qu'à "favoriser le sortant", la SNCM.

 

Après la remise à zéro des compteurs, il revient à la CTC "soit de reprendre intégralement la procédure" d'appel d'offres, soit d'inviter les candidats --CMN, Corsica Ferries et SNCM-- "à produire de nouvelles offres", a indiqué le le Conseil d'Etat. Il a ainsi suivi l'avis du commissaire du gouvernement qui renvoyait dos à dos les trois concurrents, estimant qu'aucune de leurs offres n'était juridiquement satisfaisante.

 

"On se retrouve à la case départ, c'est un sale coup pour la SNCM", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la CGT marins de Marseille, Jean-Paul Israël. Une déception partagée par la CFE-CGC.

 

Pour les Corses, les touristes et les acteurs économiques, ces péripéties judiciaires n'auront cependant pas de conséquences directes: la délégation de service public actuelle, qui se termine le 31 décembre 2006, peut être reconduite pour une durée maximale d'un an, la SNCM assurant donc les liaisons, a précisé l'Office des transports de Corse.

 

La SNCM a subi vendredi un deuxième revers devant la cour d'appel de Paris, qui a laissé son indépendance à la Compagnie méridionale de navigation (CMN). Arguant d'une rupture abusive de leur pacte d'actionnaires, la SNCM avait obtenu le contrôle de la CMN en première instance.

 

"Nous sommes très satisfaits car ce sont des décisions de pur droit", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la CMN, ancienne alliée de la SNCM devenue une des ses principales concurrentes.

 

Au-delà des batailles judiciaires françaises, la SNCM pourrait être inquiétée par Bruxelles. La Commission européenne a ouvert une enquête en septembre car elle doute de la compatibilité avec le droit communautaire de l'opération de renflouement/privatisation de la SNCM par l'Etat.
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Publié dans actualité télé

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