DANS DIRECT TV ENJEU DE LA MONTEE DU HAUT DEBIT

Lorsque John Malone, le président de Liberty Media, prendra le contrôle de DirecTV, le numéro un américain de la télévision par satellite, l'une de ses priorités sera de trouver le moyen d'offrir à ses abonnés des services internet à haut débit, estiment les analystes.
Une telle diversification est en effet indispensable pour assurer la croissance de la télévision par satellite, confrontée à la concurrence du câble et des opérateurs de réseaux télécoms traditionnels, qui peuvent déjà commercialiser des offres combinant télévision, téléphone et accès internet.
"Le consommateur veut acheter ces services sous forme de package", explique Todd Mitchell, analyste de Kaufman Bros. "Malone va probablement nouer des partenariats et se concentrer sur sa propre partie du package."
Malone a conclu vendredi un accord d'échange d'actifs de 11 milliards de dollars avec Rupert Murdoch, le patron de News Corp, prévoyant que Liberty cédera sa participation de 16,3% dans News Corp en échange des 38,4% de ce dernier dans DirecTV. Il recevra en outre trois réseaux régionaux de chaînes sportives et 550 millions de dollars cash.
DirecTV, qui compte quelque 15 millions de clients, a déjà annoncé étudier divers partenariats dans les technologies haut débit sans fil. Il a aussi envisagé un accord avec son concurrent EchoStar Communications.
Pour Todd Mitchell, mettre sur pied une offre internet à haut débit complétant l'offre commerciale de DirecTV sera l'une des premières tâches auxquelles s'attellera Malone une fois qu'il aura pris le contrôle du groupe.
MALONE PRIVILEGIE LE CASH-FLOW
DirecTV a déjà signé des accords commerciaux avec les opérateurs télécoms Verizon Communications et BellSouth mais les analystes mettent en doute l'engagement réel de ces derniers, qui développent de leur côté leur propre offre télévisuelle.
"A l'évidence, DTV étudiait différentes solutions et elles ont été mises en attente" pendant les discussions avec Murdoch, a expliqué Mitchell, ajoutant: "Je crois que Malone va revenir en arrière et reconsidérer toutes les options qui s'offrent à lui."
Malone détient pour l'instant, via Liberty, 32% du capital de WildBlue, un fournisseur d'accès haut débit par satellite qui a conclu cette année un accord avec DirecTV pour fournir des services internet à une partie des clients de celui-ci dans certaines zones rurales, où le câble est moins développé.
L'un des inconvénients de ce schéma, expliquent des analystes, est que WildBlue est trop cher pour rivaliser avec les grands du secteur dans les zones urbaines.
WildBlue a reconnu qu'une extension de l'accord avec DirecTV était envisageable mais s'est refusé à plus de précision. "Regardons les choses en face: ils ont besoin d'une solution haut débit et notre solution fonctionne très bien", a déclaré le directeur général de WildBlue, Dave Leonard.
Malone détient aussi une participation dans Current Communications, une start-up spécialisée dans le domaine encore expérimental de l'accès à haut débit les réseaux électriques des logements des abonnés.
Mais fondamentalement, soulignent des analystes, Malone a toujours privilégié le cash-flow sur l'investissement.
"Je pense qu'il est attiré par le cash-flow que génère DTV et qu'il ne se risquerait pas à mettre davantage d'argent dans la société que son prix d'achat", a dit Thomas Eagan, d'Oppenheimer.