NICOLAS SARKOZY POUR LA FRANCE REUNIE EN ROUTE POUR ELECTION

Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir être "le président d'une France réunie" lors d'un congrès-plébiscite de l'UMP, Porte de Versailles, à Paris.
Des dizaines de milliers d'adhérents de l'UMP - 80.000 à 100.000 selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, chiffre impossible à vérifier - l'ont écouté prononcer son premier discours de candidat après sa désignation officielle.
"J'ai changé parce qu'à l'instant même où vous m'avez désigné, j'ai cessé d'être l'homme d'un seul parti, fût-il le premier de France", a lancé Nicolas Sarkozy. "Ma France, c'est celle de tous les Français sans exception."
"Je veux être le président d'une France réunie", a-t-il ajouté un peu plus tard, à la fin d'un discours de 80 minutes. "L'unité de la France je veux la faire par l'action. Cette unité je veux qu'elle soit comme une renaissance."
Nicolas Sarkozy a voulu faire de cette réunion à grand spectacle, avec podium surélevé sur fond d'écrans tricolores, une démonstration de force et d'unité derrière sa candidature.
Seul candidat à l'investiture de l'UMP, il a recueilli 98,1% des suffrages exprimés par environ les deux-tiers des adhérents du parti. Pour rassembler au-delà de son camp, il a revendiqué sa liberté de candidat.
"Je demande à mes amis qui m'ont accompagné jusqu'ici de me laisser libre, libre d'aller vers les autres, vers celui qui n'a jamais été mon ami, qui n'a jamais appartenu à notre camp, à notre famille politique, qui parfois même nous a combattus, parce que lorsqu'il s'agit de la France, il n'y a plus de camp."
"J'ai le devoir de me tourner vers tous les Français, quel que soit leur parcours, les Français de droite mais aussi les Français de gauche (...) Je dois rassembler les Français parce que je dois les convaincre qu'ensemble tout deviendra possible."
"Ensemble, tout devient possible" est son slogan de campagne, dévoilé au moment où il est monté sur le podium, sur fond de paysage verdoyant, comme sur son affiche.
VILLEPIN INCOGNITO
A 97 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, Nicolas Sarkozy s'est, avant son discours officiel, efforcé de panser les cicatrices laissées dans la majorité par sa course à l'investiture de l'UMP.
"La France nous regarde", a-t-il lancé à son arrivée dans le hall qui accueille chaque année le Salon de l'Agriculture, et où le président Jacques Chirac avait lancé le RPR, ancêtre de l'UMP, en 1974 et présenté son programme présidentiel en 1995.
"Je vous demande de faire un triomphe à tous ceux qui viendront ici, parce que tous ceux qui viendront ici j'en aurai besoin", a-t-il ajouté à l'adresse des participants.
La quasi-totalité des ministres, y compris les plus "chiraquiens", étaient présents, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat.
L'appel de Nicolas Sarkozy était surtout destiné à prévenir un éventuel chahut lors de la venue de Dominique de Villepin, qui a refusé de participer au vote des adhérents.
Avertissement inutile tant la visite du Premier ministre a été rapide et discrète : dix minutes de bain de foule dans une partie reculée du hall, 20 minutes dans la loge de Nicolas Sarkozy, visite éclair aux parlementaires.
Son arrivée n'a fait l'objet d'aucune annonce et aucune image de sa visite n'a été diffusée sur les écrans géants répartis dans le hall. "Il n'y a pas eu une seule fausse note", s'est félicité le député "villepiniste" Georges Tron. Nicolas Sarkozy s'est pour sa part dit "très heureux de cette visite".
Dans son discours d'investiture, le président de l'UMP a dit vouloir une "démocratie irréprochable" et repris les principales propositions distillées ses derniers mois au fil de ses discours en province et des conventions thématiques du parti.
Alors que la candidate socialiste Ségolène Royal et son conjoint, le premier secrétaire du PS, François Hollande, s'opposent sur une augmentation des impôts en cas de victoire de la gauche, il a prôné une baisse de la pression fiscale.
"Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il a gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50%" (au lieu de 60% actuellement), a-t-il dit.
Fils d'un immigrant hongrois et d'une descendante de juifs de Salonique, il a revendiqué sa filiation avec les héros de la France Libre et les grandes figures du gaullisme : "Ils m'ont enseigné, à moi, petit Français au sang mêlé, l'amour de la France et la fierté d'être français."