LA MAIRIE DE BORDEAUX PERQUISITIONNER PAR LA POLICE
Une perquisition a été conduite vendredi à la mairie de Bordeaux, dans l'enquête visant la spoliation présumée d'une octogénaire, où une adjointe d'Alain Juppé et un haut fonctionnaire de la mairie sont mis en examen, a-t-on appris samedi de source proche du dossier. Les policiers se sont intéressés au bureau de Jean-François Lhérété, directeur général des affaires culturelles de la ville et ancien banquier, mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a-t-on précisé. Le maire de Bordeaux Alain Juppé s'est refusé samedi à tout commentaire. Prié par des journalistes de dire s'il souhaitait faire une déclaration, en marge d'une visite à l'église Saint-Paul, l'ancien Premier ministre a répondu : "sûrement pas, je fais preuve de retenue dans tout ça". Les quatre personnes mises en examen pour "association de malfaiteurs, abus de faiblesse, abus de confiance, vols en réunion sur personne particulièrement vulnérable" ou complicité de ces délits, son suspectés d'avoir spolié une riche dame de 84 ans, Jeanine Terrasson, placée sous curatelle renforcée. Les suspects sont l'avocate Martine Moulin-Boudard, adjointe d'Alain Juppé chargée de la mise en valeur du patrimoine culturel, Jean-François Lhérété, François-Xavier Bordeaux, ancien leader de l'opposition municipale, recruté par Alain Juppé comme chargé de mission et Nicole Dumont, cartomancienne connue pour avoir dans sa clientèle des personnalités locales. Les deux derniers sont en détention provisoire. Les avocats de la défense nient toute infraction et ont dénoncé une enquête "orientée et à charge". Selon eux, les suspects ont en réalité aidé la vieille dame et les transactions visées par les poursuites ne sont pas des vols mais des remboursements. Selon Me Fabrice Delavoye, Nicole Dumont a une relation amicale avec l'octogénaire depuis plus de 20 ans et elle est sa légataire universelle. L'avocat assure que la cartomancienne a apporté 80.000 euros à la vieille dame. Elle aurait selon lui été abandonnée par son tuteur, dont la plainte a lancé l'affaire. Nicole Dumont a certes commis "une erreur d'appréciation" en s'appropriant le patrimoine dont elle devait hériter, mais il s'agissait de rembourser ses frais, dit Me Delavoye. L'avocat de Jean-François Lhérété affirme de son côté que son client a prêté sans contrepartie à la vieille dame une somme de 40.000 euros. Des biens mobiliers, oeuvres d'art et bijoux appartenant à la vieille dame ont été retrouvés dans une cache et chez Jean-François Lhérété, souligne de son côté l'accusation. Selon le journal Sud-Ouest, le parquet va faire appel de la remise en liberté de ce dernier et de Me Moulin-Boudard, point qui sera examiné par la chambre de l'instruction. Les avocats de François-Xavier Bordeaux et Nicole Dumont ont de leur côté déposé une demande de remise en liberté en référé qui sera examinée par la chambre de l'instruction lundi.