Jacques Chirac à Cannes pour un dîner restreint avec des chefs d'Etat africains




© Frédéric de La Mure - M.A.E. 2007
Jacques Chirac a accueilli mercredi soir à Cannes 16 chefs d'Etat francophones participant au 24e sommet France-Afrique, pour un dîner restreint dans un hôtel de Cannes.
Lors de ce dialogue à huis clos, ont été évoquées les situations au Darfour, en Côte d'Ivoire et en Guinée. Selon l'entourage de Jacques Chirac, les participants ont fait part de leur "inquiétude" devant la situation à Conakry: le président Lansana Conté a décrété lundi soir la loi martiale, après trois jours d'émeutes et d'affrontements qui ont coûté la vie à au moins 27 personnes.
Côté français, on espérait mercredi "une prise de position des Africains pour adresser un message fort aux autorités" guinéennes.
Parmi les dirigeants présents mercredi soir figuraient le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le Gabonais Omar Bongo, le Camerounais Paul Biya, mais aussi le Centrafricain François Bozize et le Tchadien Idriss Deby. Ces deux hommes ont échangé quelques mots en aparté à leur arrivée avec Jacques Chirac.
La tenue d'un mini-sommet sur le Darfour jeudi après-midi est "probable", expliquait-on mercredi soir dans l'entourage du président français. Si les modalités en sont encore "en cours de discussion", il pourrait réunir les présidents soudanais, tchadien et centrafricain, ainsi que le président de l'Union africaine John Kufuor.
Après avoir accueilli les participants de ce mini-sommet, Jacques Chirac ne devrait pas assister à ces discussions. "La France tiendra un rôle de facilitateur, pas de médiateur ni de conduite des débats", expliquait-on dans son entourage. Les violences au Darfour ont fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.
Le dernier sommet France-Afrique de Jacques Chirac s'ouvre jeudi matin, en présence de 38 chefs d'Etat et de gouvernement africains, et de la chancelière allemande Angela Merkel, venue représenter la présidence de l'Union européenne et celle du G8.
"Nous allons le regretter, parce que c'était quand même un homme qui avait beaucoup de passion pour l'Afrique, pour ses hommes, pour sa culture, et aussi qui portait beaucoup d'intérêt à nos préoccupations", a souligné mercredi soir le président du Burkina Faso Blaise Compaore au sujet de son homologue français. "Il a été longtemps notre avocat au niveau international pour la dette, pour le développement, pour l'écologie. C'est un personnage qui sera longtemps dans nos coeurs".
Parmi les absents de marque jeudi: le leader libyen Moammar Kadhafi, le président ivoirien Laurent Gbagbo, celui du Zimbabwe Robert Mugabe, le Sud-Africain Thabo Mbeki, le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila ou encore le Sénégalais Abdoulaye Wade.
Dans l'après-midi de jeudi sont prévues trois tables-rondes. La première est consacrée à la question des matières premières, alors que 9,5% des réserves de pétrole brut et 8% des réserves de gaz se trouvent en Afrique, suscitant la convoitise de la Chine notamment.
Une deuxième table-ronde évoquera la place de l'Afrique dans les organisations internationales quand la troisième portera sur la société de l'information.
A la veille de l'ouverture du sommet, la juge d'instruction parisienne chargée de l'enquête sur la mort du magistrat français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti a convoqué comme témoin le président de ce pays africain, Ismaël Omar Guelleh, attendu à Cannes. D'abord annoncé, Ismaïl Omar Guelleh était finalement absent mercredi soir au dîner restreint, mais il devrait être présent jeudi.
La magistrate Sophie Clément a convié le président djiboutien pour vendredi, mais il est peu vraisemblable que l'intéressé se rende à la convocation. Il est protégé par l'immunité dont bénéficient tous les chefs d'Etat en exercice.
Bernard Borrel, magistrat français détaché à Djibouti, a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 à 80km de la capitale djiboutienne. Ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Djibouti, qui accueille une importante base militaire française. La veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, accuse en effet le président Ismaël Omar Guelleh d'être le commanditaire de l'assassinat de son mari, ce que conteste Djibouti.