L'ESPRIT GARIBALDI SOUFFLE SUR NICE

Publié le par davidguerin

 Un ravioli a été baptisé de son nom, un oeillet créé en son honneur, des dizaines de conférence organisées sur sa vie: Nice ne ménage pas sa peine pour fêter le bicentenaire Garibaldi, son enfant "le plus célèbre du monde" et défendre, à travers lui, une certaine idée de "l'identité nissarte".

L'hommage connaîtra son point d'orgue mercredi, le 4 juillet, jour de la naissance, en 1807, de Joseph Pepin Garibaldi, dans le quartier du port de Nice. Paradoxe de l'histoire: celui qui reste dans les mémoires comme l'artisan de l'unité italienne est né français, de parents italiens, puisque Nice avait été annexé à la France après l'invasion des troupes révolutionnaires en 1792.

 

"Garibaldi, c'est Joseph, c'est Giuseppe, mais c'est surtout +Joùse+, son nom en langue niçoise, la première langue qu'il a parlée", assène fièrement Jean-Marc Giaume, président de la Fédération des associations du comté de Nice, qui promeut la culture et les parlers locaux.

 

"Garibaldi, poursuit-il, aimait profondément Nice et les Niçois : quand il s'installe sur l'île de Caprera (Italie), c'est du bois de Nice qu'il commande pour construire une petite maison. Les deux personnes qu'il a le plus aimées, sa femme et sa mère, c'est à Nice qu'il a choisi de les faire enterrer". La légende veut que lui-même mourut, à Caprera, le regard tourné vers sa ville natale.

 

L'attachement de Garibaldi à Nice, la ville le lui rend bien. Durant toute l'année, une poignée de passionnés regroupés au sein d'un "comité international du bicentenaire de Garibaldi" a oeuvré tous azimuts: expositions et conférences, pose d'une stèle en langue niçoise sur le port, spectacle musical retraçant sa vie, création d'un "t-shirt du bicentenaire", à porter en déclamant la "chanson du bicentenaire" tout en tenant à la main l'oeillet "Joùse Garibaldi" avant d'aller déguster des "raviolis Garibaldi", fruit d'une recette originale à base de blette, jambon, ail et basilic.

 

Une passion que Jean-Marc Giaume, actif membre du comité, explique par un sentiment de proximité entre l'esprit nissart et le caractère de Garibaldi : "C'est un homme d'action qui se fout éperdument de la diplomatie et des convenances. S'il veut quelque chose, il fonce, même si ce n'est pas très correct. Ca correspond un peu à l'état d'esprit des Niçois : on n'est pas des anarchistes mais un peuple avec une forte autonomie qui peut dire +on fait parce qu'il faut le faire+".

 

Versant plus sombre de la légende : "Garibaldi, même promu général, est toujours resté comme un corsaire de l'armée, peu aimé du corps militaire. Chez les Niçois, il y a un peu le même sentiment d'isolement, de porte-à-faux, le regret qu'on ne parle d'eux que sous l'aspect des +magouilles+ et qui nourrit un certain rejet de l'establishment parisien", analyse Roger Rocca, membre du comité et responsable de la revue culturelle bilingue "Lou Sourgentin".

 

"Tout petit, on me parlait moins de Louis XIV ou de Jeanne d'Arc, que de Catherine Ségurane -qui passe pour avoir fait fuir de Nice les troupes turques en 1543, et de Joùse Garibaldi. Dans les familles, il y a des portraits de lui qu'on se transmet de génération en génération", assure M. Giaume, 36 ans.

 

Reste que "Garibaldi, c'est d'abord, au yeux de la plupart des Niçois, une place et un quartier de la ville", relativise Roger Rocca.
 Sophie MAKRIS

 

Publicité

Publié dans actualité télé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article