Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé à Tripoli

Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé mercredi après-midi à Tripoli pour rencontrer le leader libyen Mouammar Kadhafi au lendemain de la libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye.L'événement
M. Sarkozy a présenté sa visite de moins de 24 heures comme "un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Il s'est personnellement impliqué, avec son épouse Cécilia, dans le dénouement de cette affaire qui a empoisonné pendant huit ans les relations entre l'Union européenne et Tripoli.
L'Airbus présidentiel s'est posé à 17H30 locales (15H30 GMT) sur l'aéroport militaire de Mitiga. Accompagné de son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, il devait se rendre immédiatement au palais de Bab Azizia pour la cérémonie officielle d'accueil qui devait être suivie par des entretiens et des signatures d'accord de coopération.
Le Guide libyen devait ensuite offrir un dîner en l'honneur de M. Sarkozy dans son palais de Bab Azizia, en fait un immense complexe où il a pour habitude de planter sa tente quand il est à Tripoli.
Un des bâtiments est toujours en ruine, trace d'un bombardement américain de 1986, dans lequel la fille adoptive du leader libyen avait été tuée.
M. Sarkozy est arrivé à Tripoli dans la foulée du retour triomphal en Bulgarie des cinq infirmières et du médecin d'origine palestinienne, détenues plus de huit ans en Libye sous l'accusation d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants.
Le président français a envoyé à deux reprises à Tripoli, en deux semaines, son épouse Cécilia pour hâter la libération des personnels médicaux bulgares, ce qui leur vaut d'être célébrés comme des héros en Bulgarie.
Il compte aujourd'hui profiter de ce dénouement pour lancer une "coopération tous azimuts, dans tous les domaines" avec la Libye, un "acteur stratégique" du pourtour méditerranéen dans la lutte antiterroriste ou contre l'immigration clandestine, a indiqué mercredi son porte-parole David Martinon.
Le président français souhaite aussi pousser les entreprises françaises dans ce pays riche en pétrole et en gaz, alors que les échanges sont encore assez modestes et très déficitaires pour la France, 6ème fournisseur de la Libye (433,6 millions d'euros en 2006). Ce pays a exporté en France pour 1,9 milliard d'euros en 2006, essentiellement des hydrocarbures.
Après un accord sur la recherche nucléaire civile signé en 2006, la question de la coopération dans ce domaine sensible pourrait aussi être évoquée par les deux dirigeants, selon le porte-parole.