Etats-Unsi: Bush reçoit samedi le président Sarkozy dans un cadre "privé"

Le président George W. Bush reçoit samedi pour la première fois son nouvel homologue français Nicolas Sarkozy avec pour seul ordre du jour d'établir une relation personnelle qui faisait cruellement défaut avec son prédécesseur Jacques Chirac.
Pas de programme préétabli quand M. Bush et sa femme Laura accueilleront M. et Mme Sarkozy dans la résidence familiale de Kennebunkport (Maine, nord-est) sur l'Atlantique, sinon un déjeuner en petit comité au cours duquel M. Bush devrait gâter ses invités au homard, la spécialité locale.
Le déjeuner et les entretiens seront tout ce qu'il y a de "privé", a insisté la Maison Blanche. Parce que la circonstance est vraiment informelle, un des porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, n'a pas exclu une partie de pêche en mer.
Bush père, 41ème président des Etats-Unis et hôte officiel de la rencontre en tant que propriétaire des lieux où le futur 43ème président passait ses vacances enfant, "a l'invitation facile" quand il s'agit de pêche, relève M. Johndroe. Aucune conférence de presse n'est annoncée bien qu'il s'agisse des premiers entretiens sur le sol américain depuis que M. Sarkozy a accédé à la présidence en mai.
Les grandes préoccupations communes sont nombreuses. Mais Kennebunkport est d'abord "l'occasion pour ces deux dirigeants et leurs épouses de faire davantage connaissance, de passer du temps ensemble dans un cadre privé", dit M. Johndroe. Le déjeuner est un "déjeuner social où, à un moment donné, si l'occasion s'en présente, ils parleront des problèmes auxquels sont confrontés nos deux pays".
A en croire la Maison Blanche, la rencontre elle-même est quasiment un concours de circonstances: les Sarkozy sont en vacances à quelques dizaines de kilomètres de Kennebunkport où M. Bush est arrivé jeudi, officiellement pour assister à un mariage ce week-end. Et comme Mme Bush avait invité les Sarkozy lors du sommet des pays industrialisés en juin...
"Ce n'est pas un sommet, il n'y a pas d'ordre du jour. L'ordre du jour, c'est: passez nous voir et rencontrons nous", selon le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow, sourd à la polémique en France sur les vacances américaines de M. Sarkozy. MM. Bush et Sarkozy pourront s'absorber plus profondément dans les grands dossiers plus tard, lors d'une rencontre officielle probable que M. Johndroe prévoit "quelque part en automne".
M. Bush dit volontiers croire aux bienfaits de rapports amicaux pour résoudre les problèmes du monde et compte sur les vertus de l'air marin pour nouer avec M. Sarkozy des liens qui n'existaient pas avec M. Chirac. Après les tensions provoquées par la guerre en Irak, l'élection de M. Sarkozy a suscité aux Etats-Unis l'attente de relations apaisées.
Et M. Sarkozy, auquel ses sensibilités proaméricaines valent les critiques de ses adversaires en France, bénéficie d'un a priori favorable aux Etats-Unis, fatalement sensibles à son image de fils d'immigrés et de dirigeant volontaire. Les experts conviennent aussi que les styles de MM. Bush et Sarkozy s'accordent beaucoup mieux que ceux de MM. Bush et Chirac.
"Nous semblons à l'aube d'une nouvelle ère dans les relations avec les Français, et c'est une bonne chose", a dit le porte-parole Tony Snow. Des deux côtés de l'Atlantique, on souligne que les plaies de la guerre en Irak sont refermées ou en passe de l'être.
"La France et les Etats-Unis sont de proches alliés depuis plus de 200 ans", dit M. Johndroe, "des différences peuvent apparaître de temps en temps sur des sujets précis. Mais sur la grande majorité des questions, nous collaborons très étroitement", dit-il en citant en exemple les crises iranienne, libanaise ou soudanaise et les dossiers dont est saisi le Conseil de sécurité de l'ONU.
M. Sarkozy a interrompu ses vacances américaines pour assister vendredi aux obsèques du cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris mais effectuera l'aller-retour pour voir M. Bush samedi.