Un mort, 6 rescapés dans le naufrage d'un bateau de pêche au large d'Ouessant
Un marin-pêcheur a trouvé la mort vendredi au large des côtes bretonnes dans le naufrage de son bateau, probablement provoqué par une collision avec un cargo que les autorités françaises pensaient en fin de journée avoir identifié et s'efforçaient de dérouter vers Brest.
Le Sokalique, un caseyeur de 20 mètres basé à Roscoff (Finistère), a fait naufrage brutalement vers 03H30 à une centaine de kilomètres au nord de l'île d'Ouessant alors que les conditions météorologiques étaient bonnes.
Six des sept membres d'équipages qui avaient pu prendre place dans un canot de survie ont été récupérés en état de choc mais sains et saufs par un autre bateau de pêche peu après l'accident.
En revanche, "le patron qui a quitté le bateau le dernier est tombé à l'eau et s'est noyé", a expliqué le procureur de Morlaix, Laurent Fichot lors d'une conférence de presse.
Les rescapés du naufrage "ont fait état d'un choc dans la nuit", a indiqué M. Fichot, ajoutant que les autorités françaises soupçonnaient un cargo battant pavillon des îles Kiribati d'être responsable du naufrage.
"Nous avons identifié cinq navires qui étaient sur zone au moment du naufrage. Plusieurs éléments permettent de soupçonner un cargo qui fait route vers la Turquie, immatriculé aux îles Kiribati et qui est armé par une société turque".
Selon le procureur, ce cargo "a eu un comportement suspect peu après l'accident", et "des traces de peinture suspectes sur sa coque" ont été constatées par une vedette de la gendarmerie maritime qui s'est approchée assez près pour faire des photos et des films.
Le cargo suspect, qui se rendait en Turquie, "se trouve actuellement dans les eaux internationales, et la Marine nationale va tenter d'obtenir son déroutement vers un port français", probablement celui de Brest, a-t-il ajouté.
En milieu d'après midi, le vraquier se trouvait toujours à l'entrée de la Manche, pas très loin de la zone du naufrage, a précisé Sylvain Le Berre, porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique. M. Le Berre a ajouté qu'un aviso de la marine nationale se trouvait à proximité du navire suspect.
L'accident a eu lieu en bordure du rail de navigation qu'empruntent les navires de commerce descendant la Manche. Entre 150 et 200 navires marchands croisent dans cette zone quotidiennement, selon la préfecture maritime.
Le procureur a estimé qu'il y avait eu "délit de fuite" de la part du bateau suspect, mais a précisé qu'il n'y avait "pas encore d'information judiciaire ouverte".
"Ce qui s'est passé est écoeurant", commentait vendredi André Kermoal, matelot à bord du chalutier qui a récupéré le corps du patron du Sokalique.
"Il y a toujours un risque en mer, mais aujourd'hui il y a de moins en moins de civisme. Les gens ne s'arrêtent pas. On perd un gars, on aurait pu en perdre sept !", s'est insurgé Jean-Jacques Tanguy, président du comité des pêches du Nord Finistère.
La CGT des marins de Brest a réclamé de son côté des "sanctions exemplaires" contre les responsables éventuels de cet "abordage de trop".
Depuis le début de l'année, au moins quatre collisions sérieuses entre des cargos et des bateaux de pêche ou de plaisance ont déjà eu lieu au large des côtes de l'Atlantique et de la Manche, mais elles n'ont fait qu'un blessé.
La dernière collision mortelle remonte à début 2006 : le ligneur Klein Familie basé à Cherbourg (Manche) avait été éperonné au large du Cotentin par un cargo maltais, le Sichem Pandora, faisant cinq morts et un rescapé.
j'attent des commentaire !