Sarkozy plaide devant les ambassadeurs pour un rôle accru de la France sur la scène mondiale

Iran, Irak, terrorisme islamiste, Afrique, Turquie... : Nicolas Sarkozy a affirmé lundi sa volonté d'accroître le rôle de la France sur la scène internationale face aux grands défis du moment mais dans le cadre de l'Europe, qui reste pour lui "une priorité absolue".
Le chef de l'Etat, qui s'exprimait devant la Conférence annuelle des ambassadeurs à l'Elysée, a aussi apporté un soutien appuyé à son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, au centre d'une polémique après avoir réclamé ce week-end la démission du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.
Citant le nom du patron, ex-socialiste, du Quai d'Orsay, pas moins d'une demi-douzaine de fois, M. Sarkozy s'est dit "en totale confiance" avec M. Kouchner, qui "a eu raison de se rendre à Bagdad" et qui "a conduit ce voyage de façon remarquable".
Usant d'un ton ferme pour exprimer ses ambitions en matière de politique étrangère, le président de la République, dont le prédécesseur, Jacques Chirac, avait également fait de la diplomatie l'un de ses points forts, a averti que son "volontarisme" au plan intérieur "sera le même sur la scène extérieure".
Pour le promoteur du "traité simplifié", censé sortir l'Union européenne de l'impasse dans laquelle l'avaient plongé les +non+ français et néerlandais à la Constitution européenne en 2005, il n'est point de salut en dehors de l'Europe pour la diplomatie française.
"Sans l'Europe, la France ne pourra pas apporter de réponses efficaces aux défis de notre temps", a-t-il affirmé. "Il nous faut élaborer ensemble une nouvelle stratégie européenne de sécurité", a-t-il ajouté.
Plaidant pour "un renforcement de l'Europe de la défense", il a annoncé des "initiatives très fortes" de la France en la matière, ainsi que vers "la rénovation de l'Otan, car "il y a complémentarité entre l'Otan et l'Union".
M. Sarkozy s'est livré à un tour d'horizon des différentes "menaces" sur le monde: terrorisme, nucléaire iranien, guerre en Irak, Proche-orient, Afrique...
"Tous nos pays y compris ceux du monde musulman, sont aujourd'hui sous la menace d'attentats criminels". "Notre premier devoir est d'organiser une coopération totale entre services de sécurité de tous les pays concernés", a-t-il dit.
A ses yeux, la crise autour du nucléaire iranien "est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international". "Un Iran doté de l'arme est pour moi inacceptable", a-t-il dit, ajoutant que la France a une "entière détermination dans la démarche actuelle, alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations".
"Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il mis en garde.
Même avertissement sans détours concernant le conflit israélo-palestinien, l'Irak... ou la Russie qu'il a accusée de jouer "avec une brutalité de ses atouts, notamment pétroliers et gaziers".
Mettant en garde contre la création d'un "Hamastan" dans la bande de Gaza - terme utilisé par Israël - il a jugé "indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d'un Etat palestinien".
Pour l'Irak, il a demandé que soit "défini un horizon clair concernant le retrait des troupes étrangères". Au passage, il a rappelé que "l'amitié" entre la France et les Etats-Unis n'interdisait pas à la première de parler aux seconds "sans complaisance ni tabous".
Enfin, pour relever "les défis de la paix et de la sécurité en Afrique", il a annoncé une réunion, à sa demande, le 25 septembre du Conseil de sécurité de l'ONU.