Nicolas Sarkozy attendu sur le soutien aux entreprises au Medef

Nicolas Sarkozy doit présenter ce jeudi la "deuxième phase" de sa politique économique à l'université d'été du Medef, après l'adoption d'un premier train de réformes fiscales début août.
Selon le porte-parole de l'Elysée, "cette nouvelle étape permettra d'aller plus loin dans les réformes et de contribuer à renforcer la compétitivité de l'économie française".
Le chef de l'Etat devrait s'exprimer sur le pouvoir d'achat mais il est surtout attendu sur le soutien aux entreprises, le "paquet fiscal" de l'été ayant concentré les efforts budgétaires sur l'appui à la consommation.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, demande au chef de l'Etat d'opérer "une révolution stratégique" en menant une politique de l'offre.
"Tant que nous n'aurons pas une politique qui stimule la production, nous n'aurons pas de croissance élevée et pérenne", explique-t-elle dans un entretien au Monde daté de jeudi.
Alors que le gouvernement voulait provoquer "un choc de confiance, un choc de croissance" avec ses mesures fiscales, de nombreux économistes doutent de leur capacité à relancer l'activité.
"Comme le répètent à l'envi les économistes un tant soit peu avisés l'économie française ne souffre pas d'un problème de demande mais d'offre. C'est donc le rétablissement de notre compétitivité qui nous permettra de regagner ce fameux point de croissance qui nous manque", estime Nicolas Bouzou, directeur du bureau d'analyse Asterès.
MARGES DE MANOEUVRE
Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé des nouvelles réformes économiques structurelles pour la fin de l'année. "Une loi de modernisation de l'économie viendra lever les freins à la croissance", a-t-il dit mardi.
Le gouvernement compte notamment sur les négociations entre les partenaires sociaux sur le contrat de travail et sur les propositions de la commission Attali sur la croissance qui débutera ses travaux jeudi.
Mais, soulignent plusieurs économistes, le coût du paquet fiscal - 13,6 milliards d'euros par an selon Bercy - prive le gouvernement de marges de manoeuvre.
La France s'est en effet engagée vis-à-vis de ses partenaires européens à ramener ses finances publiques à l'équilibre en 2010 et à ramener sa dette publique sous les 60% du PIB à cet horizon. Si la croissance espérée n'était pas en rendez-vous, Nicolas Sarkozy a déjà prévenu que ces engagements pourraient n'être tenus qu'en 2012.
La crise financière liée aux marchés américains du crédit a encore accentué les incertitudes soulevée par les mauvais indicateurs économiques - croissance plus faible que prévue, stagnation des investissements et aggravation du déficit commercial.
Reçu mercredi à l'Elysée, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a de son côté prévenu que les salariés ne devaient pas être les victimes des nouvelles annonces du président, tout en déplorant que ce dernier ait choisi de réserver au Medef la primeur de sa politique économique.