Christian Estrosi arrive en terrain miné en Polynésie

Le secrétaire d'État à l'Outre-Mer Christian Estrosi arrive jeudi en Polynésie française en pleine tempête politique, alors que le président de ce territoire français du Pacifique Sud, Gaston Tong Sang, proche de l'UMP, est menacé d'un renversement.
En voyage officiel du 30 août au 2 septembre, Christian Estrosi a modifié ses rendez-vous pour tenir compte de la situation, annulant notamment une table ronde sur le mode de scrutin local avec tous les partis politiques, prévue dimanche.
Les rendez-vous prévus vendredi matin avec le président Tong Sang et le président de l'assemblée, Édouard Fritch (UMP-Tahoeraa), sont aussi annulés, car les deux hommes seront à l'assemblée pour un débat sur une motion de censure.
Le parti indépendantiste UPLD (Union pour la démocratie) vient en effet de déposer pour la troisième fois une motion de censure pour renverser le gouvernement du président Gaston Tong Sang. La donne a changé depuis les deux premiers votes favorables à ce dernier, puisque son parti, le Tahoeraa Huiraatira (affilié à l'UMP), adversaire acharné des indépendantistes depuis trois décennies, a pourtant fait alliance avec l'UPLD.
Sur 57 représentants à l'Assemblée de la Polynésie française, le président Gaston Tong Sang ne peut compter que sur une douzaine d'appuis au maximum. Vingt-neuf voix étant suffisantes pour le renverser, tous les observateurs politiques estiment que Gaston Tong Sang vit ses dernières heures à la tête de la Polynésie.
Christian Estrosi devrait rencontrer vendredi matin avant le débat à l'assemblée le président indépendantiste de l'UPLD Oscar Temaru, instigateur de la motion de censure avec la complicité de son ennemi de toujours, le sénateur UMP Gaston Flosse, devenu son allié de circonstance.
Oscar Temaru, lui-même renversé en décembre 2006 après avoir battu aux élections Gaston Flosse, a soutenu à la présidentielle française la candidature de Ségolène Royal.
Face à l'instabilité politique de ce territoire français, Nicolas Sarkozy avait exclu en août la solution d'une dissolution de l'Assemblée territoriale et la convocation de nouvelles élections.