Le PS met les mains dans le cambouis de la rénovation

Publié le par davidguerin

LE PS POURSUIT SA THÉRAPIE DE GROUPE POST-DÉFAITE ...

Le Parti socialiste poursuit sa thérapie de groupe post-défaite présidentielle à La Rochelle enchaînant les débats de fond loin des "éléphants" et des caméras.

Après leur chassé-croisé très médiatisé des deux derniers jours, François Hollande et Ségolène Royal ont fait profil bas.

Le premier secrétaire et l'ancienne candidate à l'Elysée, désormais séparés, ont écourté leurs commentaires devant les journalistes, participé aux débats, quoique brièvement, et se sont félicité du bon "esprit" de la XVe université d'été.

Quatre mois après l'échec présidentiel, le premier secrétaire s'est félicité de la forte affluence - près de 4.000 militants contre 3.000 annoncés.

"C'est le signe que beaucoup - adhérents, responsables, élus - veulent prendre leur part dans le processus" de rénovation, a-t-il déclaré. Le PS est "en train d'offrir le meilleur exemple d'un parti politique".

"Les socialistes sont au travail dans un état d'esprit, je trouve, serein, appliqué, réconcilié, rassemblé et c'est pour ça que j'ai confiance dans la capacité des socialistes à se relever et à nouveau se faire entendre", a renchéri son ex-compagne avant d'assister brièvement à un atelier sur le "vote écologiste".

Le PS est "vivant, un petit peu malade mais vivant", a estimé Bertrand Delanoë, consacré "troisième homme" de l'université d'été par les médias en l'absence de la plupart des ténors.

"IL MANQUE UN CIMENT"

A la recherche de la "nouvelle grammaire" socialiste, plus de mille personnes ont suivi le débat-phare de la journée "Où en est la gauche?", auquel a participé l'ancien Premier ministre Michel Rocard.

Chargé de l'introduction, le chercheur en sciences-politiques Zaki Laïdi, a prescrit au PS une cure drastique pour reconstruire une gauche "qui ne serait pas juste de l'anti-droite".

Son intervention a été huée à plusieurs reprises, qu'il défende le principe d'une modulation des frais d'inscription à l'université en fonction des revenus parentaux, les prêts à taux zéro ou l'OMC, qui serait l'organisation internationale la plus démocratique.

A entendre ces sifflets "sur des positions qui peuvent nous heurter (...) on sent bien à quel point il manque un ciment" au PS, a estimé Arnaud Montebourg, que la salle a bousculé à son tour en l'entendant plaider la "démocratie participative", l'un des concepts-clés de Ségolène Royal.

Ancien "conseiller spécial" de la candidate, Julien Dray a lui défendu un ordre juste - une expression estampillée "ségoléniste" - face à "l'insécurité sociale généralisée qui "justifie le pouvoir autoritaire de la droite".

"Pendant la campagne, nous avons commencé à poser des jalons, à apporter des réponses" sur lesquelles le PS peut se baser pour se rénover, a-t-il assuré.

"Ne faisons pas d'une défaite électorale une déroute (ou) un cadeau supplémentaire à ceux qui ont gagné" en rejetant en bloc les idées et les gens qui ont émergé dans la course à l'Elysée, a enjoint le député de l'Essonne.

Electron libre du PS, Michel Rocard a passé une partie de la campagne présidentielle à s'inquiéter du désert idéologique socialiste, pronostiquant après la défaite une rénovation lente de dix à quinze ans.

Samedi matin, l'ex-Premier ministre de François Mitterrand s'est finalement déclaré "pas pessimiste" sur la possibilité de parvenir à un projet "présentable aux Français en un an, un an et demi".

Tout au long de la journée, les journalistes ont été priés de ne pas polluer la rénovation balbutiante par des enjeux individuels et des petites phrases.

"Vous centrez votre intérêt sur des histoires de personnes et jamais de substance. On va en crever nous", s'est alarmé Michel Rocard.

"Je demande le silence à ceux qui sont médiatiquement connus", a conclu l'ancienne ministre de la justice Marylise Lebranchu.

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Publié dans actualité télé

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