Syndicats et opposition critiquent la fusion Suez-GDF

Publié le par davidguerin

LES SOCIÉTÉS EUROPÉENNES D'ÉNERGIE ...

Les syndicats et l'opposition critiquent l'annonce du projet de fusion de Gaz de France avec Suez, estimant que salariés et consommateurs sortiront perdants de ce rapprochement.

GDF et Suez ont annoncé la création courant 2008 d'un nouveau groupe spécialisé dans l'énergie, dont l'Etat français détiendra plus de 35%.

"C'est un mauvais coup pour les salariés et les usagers, et cela correspond à une conception privatisée de la politique industrielle", estime Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière.

L'opération, dit-il dans un communiqué, est guidée non "par la logique industrielle et les droits des usagers" mais par "des critères financiers et de concurrence". De plus, "cette fusion va mettre face à face un groupe privé et une entreprise publique EDF", ajoute-t-il.

Les administrateurs salariés CGT de GDF qualifient pour leur part le projet de "néfaste" et continuent de plaider pour un rapprochement entre GDF et EDF "seul à même de répondre aux besoins des consommateurs et des enjeux énergétiques".

Selon eux, "la minorité de blocage que conserverait l'Etat ne lui permettra nullement de piloter l'entreprise" et la privatisation "livrerait l'entreprise aux appétits financiers qui demanderaient la fin des tarifs administrés du gaz et l'alignement sur les prix de marché".

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, s'est dit en "désaccord total sur le démantèlement de Suez", le projet de fusion prévoyant la distribution de 65% du capital du pôle environnement de Suez à ses actionnaires lors d'une introduction en Bourse.

"C'est un enjeu énorme au niveau environnemental et on va mettre ça à la Bourse, aux prédateurs financiers. Je pense qu'on fait une grosse erreur de démanteler Suez", a-t-il expliqué au micro de RTL.

"TOUT LE MONDE VA ÊTRE PERDANT", DIT AYRAULT

Reçu à l'Elysée, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a déploré devant la presse que les salariés des deux groupes aient été mis devant le "fait accompli" et qu'on ait "oublié de penser à ceux qui allaient être concernés, notamment par Suez Environnement".

Pour le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, "tout le monde va être perdant". "Le pays tout entier, qui voit gravement entamer son indépendance énergétique. Les Français et leurs entreprises, qui vont subir la flambée des tarifs. Les salariés de Suez et de GDF, qui voient leur emploi et leur statut précarisés", dit Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.

Michel Sapin, secrétaire du Parti socialiste chargé des finances et de fiscalité, a estimé de son côté qu'"aujourd'hui, l'Etat détient environ 35% du capital, mais je peux parier que sa part diminuera au fur et à mesure des difficultés économiques rencontrées".

Pour les Verts, "la privatisation du secteur de l'énergie est totalement contradictoire avec le nouveau contexte énergétique et environnemental".

Le nouveau groupe GDF-Suez "va privilégier la stabilisation de son actionnariat en dégageant de fortes marges, ce qui sera contradictoire avec la nécessité de réaliser des investissements de long terme", note le parti écologiste dans un communiqué.

Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, réaffirme son "opposition totale" à la privatisation de GDF.

"Inévitablement, les consommateurs paieront l'addition de l'appétit des actionnaires à toujours plus de profits et la fin des prix réglementés", dit-il dans un communiqué. Pour la LCR, "l'heure est à la construction d'une mobilisation unitaire" contre ce projet.

Les syndicats et le PS ont souligné en outre que le président Nicolas Sarkozy, alors qu'il était ministre de l'Economie et des Finances, s'était prononcé contre la privatisation de GDF.

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