Affrontements du quartier de la Gare du Nord: prolongation de garde à vue pour les 18 suspects

La garde à vue des 18 jeunes interpellés dimanche soir lors des affrontements ayant eu lieu dans le quartier de la Gare du Nord à Paris a été prolongée lundi, a-t-on appris de source policière. "On va mettre des caméras partout", a prévenu François Fillon, qui s'est rendu sur place dans la journée.
Parmi ces suspects, dont le plus âgé a 20 ans, figurent neuf mineurs (et non onze comme précédemment annoncé par la Préfecture initialement). Le plus jeune des gardés à vue est âgé de 14 ans.
Entendus par les policiers de l'Unité de soutien aux investigations territoriales (USIT) de la Police urbaine de proximité (PUP), ces suspects sont originaires de Seine-Saint-Denis (Bondy, Montreuil-sous-Bois, Epinay-sur-Seine, Tremblay-en-France), du Val d'Oise (Gonesse, Montmorency, Deuil-la-Barre) et du XVIIIème arrondissement parisien.
Par ailleurs, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé la tenue d'une réunion des Préfets d'Ile-de-France et de Paris jeudi à 16 heures afin d'améliorer la prévention et la répression de ce type d'affrontements qui se sont multipliés depuis quelques semaines dans la capitale.
"La gare du Nord ne doit pas faire la Une des journaux toutes les semaines", mais "doit être un lieu de sécurité", a de son côté déclaré lundi François Fillon, qui s'est brièvement rendu sur place en compagnie de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la député-maire du 17e arrondissement Françoise de Panafieu, candidate de l'UMP aux prochaines municipales à Paris. "Une gare, c'est fait pour prendre le train, pas pour prendre des coups de batte de base-ball sur la tête", a-t-il lancé.
"On va être extrêmement sévères", a encore prévenu le Premier ministre, promettant un renforcement de la vidéo-surveillance Garde Nord. "On va mettre des caméras partout."
Les incidents de dimanche surviennent moins d'une semaine après des bagarres qui avaient eu lieu les 26, 27 et 28 août dans la capitale entre une cinquantaine de jeunes originaires de banlieue, qui en étaient venus aux mains à la Gare du Nord et dans le quartier de Pigalle. Quinze d'entre eux ont été mis en examen, dont certaines pour "tentative d'assassinat", huit étant écroués.
Les jeunes "appartiennent à deux bandes rivales, dénommée 'Def Mafia', dont beaucoup viennent des Hauts-de-Seine et des Yvelines, et 'GDN' comme Gare du Nord, avec des personnes originaires de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise", a expliqué Mohamed Douhane, l'un des responsables du syndicat Synergies Officiers. "Un différend entre leurs chefs survenu le 14 août dans une boîte de nuit du quartier Pigalle semble être à l'origine de ces bagarres. Mais derrière ces motifs futiles se cachent souvent des raisons liées à différents trafics."
Deux personnes ont été légèrement blessées lors de cette rixe qui trouve son origine dans une bagarre qui a éclaté dimanche après-midi dans la discothèque "Casa 128", située au 128, rue Lafayette. Une querelle d'ordre sentimental pourrait avoir mis le feu aux poudres, précisait-on de source policière.
Appelés pour mettre fin aux hostilités, les policiers ont dispersé une première fois les protagonistes qui sont allés s'affronter quelques dizaines de mètres plus loin au niveau d'un café situé au 96, rue Lafayette, à proximité de la Gare du Nord. Les équipages de la PUP (police urbaine de proximité) ont de nouveau dû intervenir vers 20h pour mettre un terme final à ces affrontements.
Fin mars, plusieurs centaines de jeunes s'étaient livrés durant plusieurs heures à des dégradations dans la Gare du Nord à la suite d'un face-à-face tendu entre jeunes et policiers à l'issue d'un contrôle de billet qui avait mal tourné.
Mohamed Douhane, s'est dit lundi "inquiet" de ces nouveaux affrontements survenus au coeur de Paris. "Les fauteurs de troubles sont des multi-récidivistes qui devraient être plus lourdement condamnés", a-t-il estimé, pointant "un manque de coordination entre les différents services chargés de prévenir les violences urbaines".