Quatre membres présumés de l'ETA mis en examen à Paris

Quatre membres présumés de l'organisation séparatiste basque ETA, interpellés samedi à Cahors alors qu'ils préparaient un attentat, ont été mis en examen mercredi soir à Paris par des juges antiterroristes.
Parmi les quatre mis en examen figure un membre historique de l'organisation, Louis Ignacio Iruretagoyena Lanz, présenté par les autorités espagnoles que le "plus grand expert en fabrication de bombes et d'explosifs" de l'ETA.
Les autres etarras présumés sont Ohian Barandalla Goñi, qui serait "le lieutenant du chef militaire de l'ETA, Garikoitz Aspiazu Rubina, +Txeroki+", et Ander Mugica Andonegi, qui était activement recherché par la police et la garde civile.
Tous quatre ont été mis en examen pour "enlèvement, séquestration, fabrication et destruction de substances explosives, vols à main armé, recel et détention d'armes en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste". Des faits passible en France de la réclusion criminelle à perpétuité.
Ils ont été placés en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD) conformément aux réquisitions du parquet.
Les quatre membres présumés de "l'appareil militaire" de l'ETA sont soupçonnés d'être impliqués dans la plupart des récentes opérations d'envergure de l'organisation clandestine et préparaient un attentat au moment de leur arrestation.
"L'enquête (qui a conduit à leur arrestation, ndlr) a débuté le 27 août par la plainte de deux touristes espagnols qui ont révélé avoir été séquestrés par un commando de l'ETA, à partir du 24 août, alors qu'ils faisaient du tourisme dans les Landes", a expliqué mercredi le procureur de Paris, Jean-Claude Marin lors d'un point presse. Le commando les avait séquestrés dans les Pyrénées atlantiques et les avait dépouillés de leur véhicule", a-t-il précisé.
Mais les etarras qui pensaient avoir été repérés ont finalement fait exploser le véhicule volé, rempli d'explosifs, le 26 août à Castellon (est de l'Espagne).
"Grâce à des informations des renseignements généraux transmis à la SDAT (antiterrorisme) et au parquet de Paris, les quatre eterras ont pu être localisés dans une maison de Cahors qu'ils occupaient depuis mars 2007 et interpellés le 1er septembre au matin", a-t-il ajouté.
La perquisition menée durant 40H dans cette maison, décrite par le magistrat comme "un laboratoire de fabrication d'explosif" a permis la saisie de quelque 800 scellés dont une bombe ventouse prête à l'emploi (placée généralement sous des véhicules), de 500g de pentrite et des chauffe-eau réaménagés et dotés d'un détonateur (servant à des attentats à la voiture piégée).
D'autres scellés ont permis aux enquêteurs d'établir des liens avec différentes affaires de vols à main armée commis dans les mois précédents et en cours d'instruction.
"Deux armes de poing saisies provenaient notamment d'un vol à main armé commis le 23 octobre dans une fabrique d'armes de Vauvert, près de Nîmes, où 350 armes de poing avaient été dérobées", a indiqué M. Marin.
"Depuis le 5 juin, date officielle de la fin de la trêve décrétée par l'ETA, 18 personnes ont été interpellées en France", a indiqué le magistrat en soulignant l'activité importante de l'organisation séparatiste basque en France.