Coup de théâtre dans l'affaire Maddie: ses parents mis en examen

Plus de quatre mois après la disparition de la petite Britannique Madeleine McCann, ses parents, Kate et Gerry McCann, ont été mis en examen vendredi par la police portugaise, sa mère faisant figure de principal suspect aux yeux des enquêteurs qui privilégient la thèse d'un accident.
"Kate et Gerry ont été mis en examen mais restent en liberté", a déclaré vendredi peu après minuit (23H00 GMT) leur avocat, Me Carlos Pinto de Abreu, à l'issue de l'interrogatoire de Gerry McCann, entendu pendant plus de huit heures dans les locaux de la police judiciaire (PJ) de Portimao (sud).
L'audition du père de la petite Maddie avait débuté vers 15H40 (14H40 GMT), juste avant l'annonce de la mise en examen de son épouse, Kate, entendue pendant seize heures jeudi et vendredi. Selon l'avocat du couple, les McCann, tous deux âgés de 39 ans, catholiques fervents et médecins --elle généraliste, lui cardiologue--, le couple n'a "été soumis à aucune mesure de contrôle judiciaire". "Ils ont une totale liberté de mouvement", a-t-il assuré, alors que, selon de précédentes informations de source judiciaire, Kate McCann, soupçonnée d'homicide involontaire, fait l'objet d'une assignation à résidence.
"Sur eux ne repose aucun chef d'accusation et l'enquête se poursuit avec sérénité", a encore affirmé l'avocat. Selon le code de procédure pénal portugais, une personne peut être mise en examen ("arguida") s'il existe des indices suffisants de sa participation à un délit ou à un crime, indépendamment du chef d'accusation qui n'est pas obligatoirement précisé.
Kate McCann est, selon l'un de ses porte-parole David Hughes, "soupçonnée d'avoir accidentellement tué sa fille". Des soupçons jugés "risibles" par son époux qui réaffirmait vendredi sur son blog que sa femme était "totalement innocente" et que le couple était déterminé à "se battre par tous les moyens" et à continuer de "chercher Madeleine".
La mise en examen des McCann a sucité la stupeur à Portimao, où depuis deux jours, des dizaines de journalistes, parmi lesquels de très nombreux Britanniques, et des badauds étaient massés devant les locaux de la PJ. Depuis quatre mois, le couple McCann n'a cessé de mobiliser médias, célébrités et jusqu'au pape pour tenter de retrouver leur petite fille, disparue le 3 mai dans la station balnéaire de Praia da Luz alors qu'elle dormait en compagnie de son frère et de sa soeur, des jumeaux de deux ans, tandis que ses parents dînaient avec des amis dans un restaurant à une cinquantaine de mètres.
Jeudi matin, au moment même où elle entrait dans les locaux de la PJ, Kate McCann avait une fois encore fait lire par son porte-parole un appel aux ravisseurs de sa fille, pour qu'ils la libèrent.
Selon des proches de la famille, cités vendredi par la télévision britannique Skynews, ce sont des traces de sang trouvées dans une voiture de location qui ont fait porter les soupçons sur Kate McCann. Selon la soeur de Gerry, Philomena McCann, les enquêteurs portugais ont laissé entendre que "Kate a tué Madeleine accidentellement, d'une façon ou d'une autre, et qu'elle a gardé le corps avant de s'en débarrasser". Ils lui ont proposé une réduction de peine si elle reconnaissait avoir tué sa fille, a affirmé Philomena McCann sur la chaîne ITV.
La mise en cause du couple, véritable coup de théâtre dans une affaire marquée par une médiatisation sans précédent orchestrée par les époux McCann, fait suite à l'arrivée mercredi au Portugal de résultats d'expertises médico-légales effectuées par le laboratoire médico-légal de Birmingham, en Angleterre. Les indices analysés, des traces de sang et de "vestiges biologiques non visibles à l'oeil nu", avaient été trouvés il y a un mois, grâce à des chiens spécialisés venus de Grande-Bretagne.
La mise en examen des époux McCann porte à trois le nombre de personnes mises en cause depuis la disparition de la petite "Maddie". Le 15 mai, douze jours après sa disparition, un Britannique, Robert Murat, résidant à Praia da Luz, à quelques centaines de mètres du lieu où avait disparu Maddie, avait déjà été mis en examen par la PJ