Retraites: les syndicats mettent en garde contre un "conflit majeur"

Publié le par davidguerin

Les syndicats et la gauche ont vivement réagi lundi à l'annonce d'une réforme imminente des régimes spéciaux de retraite, prévenant le gouvernement qu'un "conflit majeur" aurait lieu s'il agissait sans négocier, tout en reconnaissant pour certains la nécessité d'une évolution.


Le Premier ministre a assuré dimanche que la réforme était "prête", dans l'attente d'un "signal" de Nicolas Sarkozy. "Il s'agit d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique", a dit M. Fillon sur Canal+, ce qui peut "être réalisé dans les prochains mois".

Nicolas Sarkozy, en visite en Allemagne, a indiqué lundi qu'il ferait part de sa décision "le 18 septembre" lors d'un discours devant les journalistes d'information sociale.

François Chérèque (CFDT) a menacé les pouvoirs publics d'un "conflit majeur, y compris avec la CFDT", s'ils décidaient "de passer en force" sur ce sujet.

Bernard Thibault (CGT) a lui prévenu qu'il risquait d'y avoir du "sport, et pas seulement dans les stades de rugby", si le gouvernement procédait par "fait accompli".

Pour Jean-Claude Mailly (FO) aussi, il ne faut "pas exclure" un conflit majeur. "Si le dossier est prêt, comme le dit M. Fillon, ça veut dire qu'ils ont déjà les paramètres, etc., ça veut dire qu'ils veulent faire un passage en force", a-t-il déclaré.

Pour l'Unsa (syndicats autonomes), M. Fillon joue "les pyromanes" et "doit négocier", tandis que selon la CFTC, "puisque le gouvernement veut avancer tout seul sur ce dossier, il lui appartiendra d'en assumer seul les conséquences".

Sud Rail, deuxième syndicat de la SNCF, appellera à "la grève" si Nicolas Sarkozy "confirme ses intentions".

En 1995, le gouvernement d'Alain Juppé avait été confronté à une longue grève des cheminots contre sa volonté de réformer les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF, GDF, marins, clercs de notaire ou parlementaires...) qui permettent généralement à leurs affiliés de partir en retraite plus tôt que les autres salariés.

Aujourd'hui, c'est la méthode des pouvoirs publics davantage que la possibilité d'une réforme qui braque l'ensemble des syndicats.

M. Chérèque s'est inquiété d'une "cacophonie" gouvernementale, mais s'est dit "favorable à discuter d'une évolution des régimes spéciaux de retraite", afin d'éviter leur "faillite".

Pour Jean Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT en charge du dossier retraite, il est "absolument nécessaire" de "viser l'égalité" en matière de retraites, mais "l'alignement sur le plus bas n'est pas l'égalité".

Les leaders de la gauche ont, de leur côté, donné de la voix. Olivier Besancenot (LCR) a parlé de "déclaration de guerre". Le PCF "mettra tout en oeuvre pour combattre la logique de destruction du gouvernement".

Au PS, François Hollande avait souligné dimanche que "toute précipitation serait contraire à l'idée même de la réforme" et que la négociation devait être "la règle".

Manuel Valls (PS) a toutefois approuvé le principe d'aligner les régimes spéciaux de retraite sur le régime général, au nom de "l'équité" et d'un impératif "financier".

Patrick Devedjian (UMP) s'est montré confiant: "les esprits ont mûri" par rapport à 1995, a-t-il estimé, tout en souhaitant "un débat" avec les partenaires sociaux.

Le MPF de Philippe de Villiers a estimé que "les Français ont donné le feu vert" à cette réforme lors la présidentielle.

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Publié dans actualité télé

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