Des insultes aux coups: les jeunes et les femmes plus exposés

Publié le par davidguerin

Manifestation en faveur d'une loi contre ...

Près d'une personne sur deux a subi au moins une fois des violences verbale, sexuelle, psychologique ou matérielle, au cours des 2 années écoulées, les jeunes et les femmes étant les plus exposés, selon une étude de la Drees (ministères de la Santé et du Travail) publiée jeudi.

Les jeunes de 18 à 29 ans déclarent ainsi avoir subi trois fois plus de violences au cours des deux dernières années que leurs aînés de 30 à 54 ans.

41% des personnes ayant subi des violences physiques dans les deux ans ont vécu ces faits au moins une fois dans l'enfance et 58% à l'adolescence. Les pourcentages, quand il s'agit de violences sexuelles, sont également élevés, 31 et 48%.

Les femmes aussi sont parmi les plus exposées aux violences, notamment sexuelles. Considérant non plus les deux années précédant l'enquête, mais toute la durée de leur vie, 11% des femmes et 3% des hommes ont dit avoir subi des attouchements sexuels, tentatives ou rapports sexuels forcés.

En revanche, les hommes subissent plus de vols, violences physiques ou refus de discussion de la part d'un tiers.

Le fait de vivre seul ou en famille monoparentale rend plus fragile, et les violences verbales, physiques ou psychologiques sont plus nombreuses.

Les chômeurs déclarent aussi plus souvent que les personnes actives des violences verbales, dénigrements ou critiques injustes, mais aussi des violences physiques, des vols et dégradations de biens. Ils se plaignent enfin "de questions sur leurs fréquentations et leurs déplacements, de menaces touchant leurs proches".

Les immigrés ont une probabilité plus forte de subir des vols, d'être empêchés de parler librement, mais l'enquête montre qu'ils sont à l'inverse moins exposés aux violences verbales.

Vivre dans un quartier sensible expose-t-il davantage à la violence, comme on serait enclin à le penser? Certes les habitants des zones urbaines sensibles (ZUS), plus jeunes que la moyenne, disent subir davantage de violences que les autres, mais, selon l'enquête, l'analyse réalisée "à caractéristiques égales" contredit cette affirmation.

Résider en ZUS "n'a pas d'impact" sur les violences physiques, verbales ou sexuelles. Le seul type de violence pour lequel résider en ZUS joue défavorablement "est d'ordre moral et psychologique", selon l'enquête.

Cela n'arrive pas "qu'une fois" : plus de 40% des personnes victimes d'agressions sexuelles disent que ces faits se sont répétées au moins deux fois dans les deux années. Une sur dix a été agressée au moins à six reprises.

Quant aux violences verbales ou psychologiques, "c'est la répétition qui est la norme", souligne l'enquête.

Les violences se répètent mais ont tendance aussi à se cumuler. Ainsi, la quasi-totalité des personnes ayant subi des coups déclarent d'autres violences, sexuelles pour près de 20% d'entre elles.

Les violences déclarées par les femmes ont des conséquences plus lourdes que celles subies par les hommes, pour leur santé physique mais aussi psychologique. Dans plus d'un quart des cas, l'auteur des violences est un homme connu de la victime.

L'enquête "Evénements de vie et santé" (EVS) a été réalisée par la Drees (ministères de la Santé et du Travail) auprès de 10.000 personnes de 18 à 75 ans de novembre 2005 à février 2006.

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Publié dans actualité télé

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