Sarkozy poursuit sa tournée européenne au pays des infirmières bulgares

Publié le par davidguerin

Nicolas Sarkozy le 3 octobre 2007 à Paris ...

Nicolas Sarkozy poursuit jeudi sa tournée des capitales européennes par Sofia, où il doit être accueilli en grande pompe, mais sans son épouse Cécilia, deux mois après l'épilogue heureux mais controversé de l'affaire des soignants bulgares détenus en Libye.

Le président français a estimé que son épouse Cécilia "a fait un travail absolument remarquable" pour la libération en juillet des infirmières et du médecin bulgares après 8 ans de détention en Libye, dans une interview au quotidien "24 tchassa" publiée jeudi.

"Cécilia a fait un travail absolument remarquable. Elle l'a fait avec beaucoup de courage et beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio, en comprenant tout de suite qu'une des clefs était de prendre toutes les douleurs en considération, celle des infirmières et du médecin, bien sûr, mais aussi celle des enfants contaminés et de leurs familles", a-t-il affirmé dans cet entretien accordé avant sa visite officielle jeudi à Sofia.

"Envoyée personnelle" du chef de l'Etat au côté du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, Mme Sarkozy s'était entretenue deux fois avec le colonel Mouammar Kadhafi lors de la phase finale des négociations pour ramener le 24 juillet les cinq infirmières et le médecin bulgares à Sofia à bord d'un Airbus présidentiel français.

Dans cet interview, M. Sarkozy a également souligné que la présence de son épouse "a aussi été un atout décisif dans la conduite des négociations car elle a facilité l'établissement d'un contact direct et personnel avec le Colonel Kadhafi, ce qui était essentiel pour débloquer la situation".

"Les efforts de la diplomatie traditionnelle étaient restés trop longtemps vains", a ajouté le président français pour expliquer sa démarche plus habituelle.

Les six praticiens incarcérés depuis 1999 en Libye et condamnés à mort à plusieurs reprises sous l'accusation d'avoir innoculé le virus du sida à des enfants libyens dans l'hopital pédiatrique qui les employait, ont été libérés le 24 juillet après la commutation de leur peine capitale en prison à vie.

"Les négociations avec les Libyens se sont déroulées sur des bases très claires : soit leur pays restait à l'écart en ne libérant pas les personnels médicaux, soit il retrouvait la place qui doit être la sienne dans le concert des Nations", a encore expliqué Nicolas Sarkozy.

Mais M. Sarkozy a aussi tenu à souligner le rôle de la Commission européenne, des Etats membres de l'UE et des Bulgares dans la libération des six soignants affirmant que "ce succès n'a pu être obtenu que parce qu'il était le fruit d'un effort collectif", a-t-il déclaré en soulignant le rôle de la Commission européenne, des Etats membres de l'UE et des Bulgares eux-mêmes.

Le rôle inhabituel joué par la "première dame" a suscité de nombreuses interrogations en France suscitant une polémique lorsque la présidence a fait savoir qu'elle ne témoignerait pas devant une future commission d'enquête parlementaire.

Aussi Cécilia Sarkozy a-t-elle renoncé à accompagner son mari à Sofia jeudi, à la grande déception des infirmières libérées.

Après la Hongrie il y a quinze jours, la deuxième étape de la revue d'effectif engagée par le chef de l'Etat français avant de s'installer, le 1er juillet 2008, aux commandes de l'Union européenne (UE) prendra pour ses hôtes bulgares une saveur toute particulière.

En plus d'un pair, le président Guéorgui Parvanov reçoit aussi celui dont le "courage exceptionnel", le "caractère" et "la vraie attitude de leader", selon ses propres mots, ont accéléré la libération le 24 juillet des cinq infirmières et du médecin bulgares incarcérés pendant huit ans dans les geôles libyennes.

En plus d'agacer les responsables européens qui négociaient depuis des années avec Tripoli, le succès éclair du président français a suscité nombre d'interrogations, officiellement démenties, sur les éventuelles compensations versées à la Libye en échange de la libération des Bulgares.

En France, le rôle éminent et inhabituel joué par la Première dame de France dans ce dossier a aussi suscité pas mal de questions, qui ont viré à la franche polémique lorsque l'Elysée a fait savoir qu'elle ne témoignerait pas devant la future commission d'enquête parlementaire.

Par souci de "calmer le jeu", Cécilia Sarkozy ne devrait pas accompagner son mari à Sofia, selon des sources proches de l'Elysée.

C'est donc le président seul qui devrait rencontrer jeudi les infirmières et le médecin libérés il y a deux mois, et recevoir des mains de M. Parvanov la plus haute distinction bulgare, la "Stara Planina", promise aussi à son épouse, pour services rendus au pays.

Si l'affaire des infirmières en fait un peu plus qu'un banal rendez-vous diplomatique, le voyage à Sofia de M. Sarkozy, le premier d'un président français depuis 1994, sera d'abord l'occasion d'aborder les questions européennes, tient à rappeler l'Elysée.

A l'ordre du jour figure ainsi "un point de situation" des travaux de la Conférence intergouvernementale (CIG), chargée de rédiger le traité qui doit remplacer la défunte constitution européenne. "L'occasion pour le président", selon son porte-parole David Martinon, "d'évoquer sa proposition d'un groupe des sages destiné à réfléchir à l'avenir de l'UE".

Sur le front bilatéral, la France doit profiter de ce séjour pour proposer à la Bulgarie un "partenariat" en matière de construction navale, si le nouvel adhérent de l'UE confirme l'achat de quatre bâtiments militaires, selon l'ambassadeur de France à Sofia, Etienne de Poncins.

Retenue en 2005 par le ministère bulgare de la Défense, l'offre de Paris, d'un montant de 750 millions d'euros, bute toujours sur les difficultés budgétaires de Sofia.

Lors de sa visite, M. Sarkozy doit enfin prononcer à l'université Saint-Clément d'Ohrid un "discours à la jeunesse bulgare".

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Publié dans actualité télé

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