Mondial: 400 supporters des Bleus rejoignent Cardiff en car

Publié le par davidguerin

LES BLEUS NE SERONT PAS SEULS À CARDIFF ...

Paris, samedi, six heures du matin. Dans une ambiance bon enfant, quatre cents supporters français prennent en car la direction de Cardiff pour assister au quart de finale de la Coupe du monde de rugby entre la France et la Nouvelle-Zélande

Leurs papiers d'identité étant périmés, quelques fans du ballon ovale n'ont pas pu monter dans l'un des neuf cars spécialement affrétés par l'agence de voyage de la Fédération française de rugby.

Arrivé vendredi soir de Gap vêtu du maillot des Bleus, Bruno Royer, 24 ans, est l'un de ces malchanceux. Il a été refoulé "malgré un papier temporaire signé du service d'état civil de (sa) mairie", explique-t-il.

Invoquant un contrôle "certainement très strict des douaniers", le voyagiste lui a pourtant interdit de partir.

Venus de toute la France, les supporters partent pour dix à onze heures et 800 kilomètres de trajet - avec un seul chauffeur.

"Soit je tuais ma femme et les enfants, soit j'allais au match", résume le Montpelliérain Xavier Bruguière, 31 ans, un vigneron qui se voyait mal "suivre ce quart de la maison".

"Heureusement que nous avons pu trouver ce tarif intéressant. Sinon, nous n'aurions pas pu y aller", dit-il.

Avec un billet pour le stade, l'aller-retour dans la journée coûte 250 euros. Sans ticket pour le match, 100 euros.

Le bus à peine plein, Alexis Pintaud et ses deux amis habillés en femme sont déjà fin prêts "pour une mise au verre".

"Ecrivez bien verre avec deux "r", hein ? Si nous avons amené un tire-bouchon, ce n'est pas pour manger des spaghettis!", lance l'un des joyeux drilles.

HOMMAGE À SAMANTHA ET CHABAL

A 33 ans, cet assistant technique dans un lycée est arrivé à quatre heures du matin de Melles, dans les Deux-Sèvres, le village de Ségolène Royal.

Comme ses deux potes, Alexis porte une perruque de longs cheveux blonds "pour un délire en hommage à la fois à 'Samantha' (un programme télévisé) et à (Sébastien) Chabal".

"J'ai mis la robe de ma copine. Enceinte de cinq mois, elle n'a pas pu venir", explique-t-il.

Débarqué de Dijon, Didier Lepetz avoue "être totalement malade, voire fou pour faire un tel voyage en une journée... Même si je pars avec du saucisson, du pâté et du fromage de chez moi".

Gérant de société, ce pré-cinquantenaire paie 500 euros "en tout" pour aller voir ce quart de finale.

"Ce match, il le vaut par sa rareté. Comme il n'arrive pas tous les ans et comme le prochain est à la Saint-Glinglin, je me suis fait plaisir", argumente-t-il.

"Dans l'histoire, la défaite contre l'Argentine nous coûte surtout cher. En montant sur Calais, si on passe près du Stade de France, on va tous se payer de sacrées boules."

A six heures du matin, le convoi s'ébranle vers Cardiff poussé par un inusable et convaincu "on va gagner".

Des Palois dorment déjà au fond du bus après avoir passé une partie de la nuit sur le sol de la gare routière de la porte Maillot, "faute d'avoir trouvé un hôtel". Les refoulés aux papiers périmés continuent à pester dans la nuit.

Un peu à l'écart, un jeune homme seul, les poings dans les poches de son blouson noir, traîne sa peine. Levé à quatre heures du matin, il ne peut pas "pour des raisons personnelles" se rendre à Cardiff.

Arrivé à cinq heures à la gare routière, il tente de revendre deux tickets pour ce fameux quart. En vain. A six heures, il repart avec ses deux tickets à 225 euros l'unité.

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Publié dans actualité télé

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