Mondial: la France renaît à Cardiff face aux Blacks

Les Bleus 2007 ont réédité l'exploit de leurs aînés de 1999 et ont sorti de la Coupe du monde de rugby les favoris néo-zélandais 20-18, samedi, en quart de finale au Millenium Stadium de Cardiff.
Condamnés à jouer dans la douleur depuis leur défaite face à l'Argentine lors du match d'ouverture, les Français ont trouvé d'étonnantes ressources mentales et physiques pour rester dans leur Coupe du monde.
Leur prochain adversaire sera l'Angleterre, samedi prochain au Stade de France. Les All Blacks, toujours favoris et toujours déçus depuis leur sacre de 1987, quittent le tournoi sans atteindre les demi-finales pour la première fois.
"Bravo à tous ces joueurs qui ont subi beaucoup de choses après le premier match", a dit l'entraîneur Bernard Laporte.
"On n'est pas champions du monde mais on a envie d'aller plus loin. On a des mecs qui sont solidaires. On n'est peut-être pas la meilleure équipe du monde, mais on est toujours là. C'est fabuleux."
"Je suis fier de ce qu'on a fait aujourd'hui", a dit Fabien Pelous.
Tout semblait pourtant en faveur des All Blacks au moment du coup d'envoi jusqu'au fait qu'ils jouaient à domicile comme l'a montré la clameur qui a roulé dans les tribunes pour accompagner l'annonce de la composition de leur équipe.
Le brave effort des supporters qui avaient surmonté les difficultés du déplacement a été étouffé comme chorale de pensionnaires du couvent des oiseaux par un choeur basque.
Les Français ont rétabli l'équilibre en défiant le haka. Ils se sont placés sur la ligne médiane. A la fin de la danse de guerre des Néo-Zélandais, les 30 joueurs étaient nez à nez, yeux dans les yeux, souffle contre souffle.
Les Bleus s'étaient donné pour objectif de contester la présumée supériorité de leurs adversaires de l'hémisphère Sud en privilégiant le jeu au près et au pied pour les maintenir dans leur camp et coller au score le plus longtemps possible.
JOKER
Malgré la perte de Serge Betsen sorti sur KO à la 5e minute, ils n'étaient menés que 13-3 à la mi-temps après un essai de Luke McAlister, une transformation et deux pénalités de Daniel Carter contre une pénalité de Lionel Beauxis.
A la reprise, un raid de Cédric Heymans a redonné du baume au coeur aux Bleus. Il a débouché sur un carton jaune pour McAlister et une pénalité de Beauxis.
A 15 contre 14, et avec sept points de retard, les Français n'étaient pas morts. Les All Blacks étaient touchés. Ils n'en ont pas moins ramené le ballon dans les cinq mètres français pour une terrible séquence de pick-and-go qui a quasiment mangé tout le temps de leur infériorité numérique, mais pas totalement.
Les Bleus de 2007 se sont soudain mis à jouer comme leurs aînés de 1999 à Twickenham. Ils ont balayé le terrain en profondeur et de gauche à droite et Dusautoir a plongé dans l'en-but. La transformation de Beauxis a touché le poteau gauche mais elle est rentré. Le score est passé à égalité 13-13 et McAlister pouvait revenir sur la pelouse.
Bernard Laporte n'a pas attendu l'heure de jeu pour donner encore plus de punch au pack avec les entrées de Sébastien Chabal et Dimitri Szarzewski.
Carter, qui était en délicatesse avec un mollet, est sorti remplacé par Nick Evans. Byron Kelleher a laissé sa place à Brendon Leonard.
Un essai tout en puissance de So'oialo a redonné l'avantage aux All Blacks 18-13. La France n'avait plus qu'une carte à jouer, faire entrer Frédéric Michalak.
A peine avait-il mis les pieds sur la pelouse qu'un mano a mano Damien Traille-Michalak-Jauzion a abouti derrière la ligne. Elissalde a transformé et la France a pris le score pour la première fois 20-18 avec une dizaine de minutes à jouer.
Malgré tous les efforts des All Blacks, le match était joué. La 80e minute s'est affichée sur l'écran géant et Jean-Baptiste Elissalde a traversé le terrain loin derrière la ligne d'avantage pour aller expédier le ballon dans les tribunes.