Agnelet condamné à 20 ans de réclusion dans l'affaire Le Roux

Publié le par davidguerin

JEAN-MAURICE AGNELET CONDAMNÉ À 20 ANS DE ...

Trente ans après la disparition d'Agnès Le Roux, riche héritière d'un grand casino niçois, Jean-Maurice Agnelet, son ancien amant, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour "assassinat" en appel par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Après trois semaines et demi de procès, et deux heures de délibéré, les jurés ont suivi l'accusation qui avait demandé cette peine mercredi. En première instance, en décembre 2006, l'accusé avait été acquitté par la cour d'assises des Alpes-Maritimes, à Nice.

Jean-Maurice Agnelet, 69 ans, a été arrêté à l'audience, menotté et envoyé de suite en détention. Pâle, tétanisé, cherchant d'un regard désemparé le soutien de ses proches après le verdict, il a été frappé de stupeur.

Son avocat François Saint-Pierre a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation et saisir la Cour européenne des droits de l'homme. Jean-Maurice Agnelet, figure du Nice des années 1970 où Jacques Médecin gouvernait la ville, a toujours nié toute implication.

Renée Le Roux, mère d'Agnès, le frère d'Agnès Jean-Charles et ses deux soeurs Patricia et Catherine ont fondu en larmes. "Pour nous, c'est pas une victoire, mais enfin, on peut mettre un nom sur l'assassin", a dit Jean-Charles Le Roux aux journalistes.

Le parquet général soutient que l'accusé a tué Agnès Le Roux, alors sa maitresse, après avoir obtenu qu'elle cède ses parts dans le Palais de la Méditerranée - l'un des plus grands casinos de Nice - à Jean-Dominique Fratoni, patron du casino rival Le Ruhl, supposée figure de la pègre locale et proche du maire de Nice Jacques Médecin.

Le parquet s'appuyait sur un faisceau de présomptions mais ne disposait pas de preuves. Le corps d'Agnès Le Roux n'a jamais été retrouvé. La police n'a jamais pu dire quand et comment elle aurait été tuée.

INTIME CONVICTION

Les jurés d'une cour d'assises ne sont pas tenus cependant de s'appuyer juridiquement sur des preuves, les textes leur permettant de se fonder sur leur "intime conviction".

L'affaire, qui s'est déroulée sur fond de "guerre des casinos" et de rivalités entre truands de la Côte d'Azur, ne s'est jamais apaisée durant les trente dernières années.

Renée Le Roux n'a eu de cesse de relancer l'affaire, abandonnée dans les années 80 par la justice niçoise.

En 1999, Françoise Lausseure, maitresse de Jean-Maurice Agnelet qui lui avait fourni initialement un alibi pour la période de la disparition de la victime en 1977, a reconnu avoir menti, ce qui a amené la justice niçoise à rouvrir le dossier.

Dans un réquisitoire de neuf heures, étalé sur deux jours, mardi et mercredi, l'avocat général Pierre Cortès avait violemment stigmatisé la personnalité de l'accusé.

"Cet homme est le seul coupable de l'assassinat d'Agnès Le Roux", avait-il dit, qualifiant Jean-Maurice Agnelet de "charognard solitaire, crapuleux et menteur".

Il est établi que Maurice Agnelet s'est approprié l'argent placé en Suisse par Agnès Le Roux après la vente de ses parts dans le casino, trois millions de francs (457.000 euros). Il a été condamné pour cet aspect des faits et a purgé une courte peine de prison dans les années 80.

Jeudi matin, Me François Saint-Pierre avait plaidé l'acquittement avec force. "L'intime conviction interdit de condamner quiconque quand il n'y a pas de preuve. Une accusation infondée, c'est une tragédie pour l'accusé", a-t-il dit.

"Où, quand, comment le crime a-t-il eu lieu ? Qui sait aujourd'hui ce qu'il est advenu d'Agnès Le Roux ? Personne n'a été capable de le dire pendant ce procès, pas même l'avocat général", avait dit l'avocat.

"Lorsqu'on ne sait pas dire où, quand, et comment un crime a été commis, il n'est pas possible de dire par qui il a été commis. Aller au-delà, c'est risquer l'erreur judiciaire", avait-il conclu.

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Publié dans actualité télé

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