Réforme de la carte judiciaire: "une méthode tout à fait désagréable", dénonce le Conseil National des Barreaux

Le président du Conseil National des Barreaux, Paul-Albert Iweins, juge "la méthode" de la Garde des Sceaux Rachida Dati "tout à fait désagréable" dans le cadre de la préparation de la réforme de la carte judiciaire.
Tandis que la ministre de la Justice se rend ce vendredi dans le Nord-Pas-de-Calais en compagnie du Premier ministre François Fillon pour y présenter la réforme de la carte judiciaire sur le terrain, Paul-Albert Iweins a expliqué sur France-Info les raisons de son retrait "des travaux du comité consultatif" mis en place par Rachida Dati pour préparer la réforme.
Ce comité consultatif pourtant "très solennellement mis en place, n'a reçu aucun élément, n'a jamais été convoqué", s'est plaint M. Iweins, dénonçant "une certaine incohérence".
Selon lui, la décision de la chancellerie d'annoncer les modalités de la réforme directement sur le terrain, dans chacune des 22 régions de métropole, rend caduque le rôle du comité consultatif.
"Il s'agit d'un changement de pied complet que nous ne comprenons pas et qui n'est sûrement pas de nature à rassurer les personnes concernées", a déclaré Paul-Albert Iweins.
En ne discutant plus au niveau national, "on essaie probablement de fractionner les oppositions", a-t-il estimé, "on essaie de diviser pour mieux régner".
Invitant la ministre de la Justice à répondre rapidement aux inquiétudes du monde judiciaire, il a affirmé "la volonté des barreaux d'accompagner cette réforme, mais pas de se la laisser imposer dans une absence totale de transparence".