Arche de Zoé: avocats, membres et familles évoquent "la dimension politique" de l'affaire

Publié le par davidguerin

Me Gilbert Collard, avocat de membres de l'ONG "L'Arche de Zoé" interpellés jeudi dernier au Tchad alors qu'ils tentaient de sortir 103 enfants africains du pays, a maintenu lundi lors d'une conférence de presse à Marseille qu'il "n'y a pas eu d'enlèvement" et mis en avant "la dimension politique de l'affaire".

"Il règne la confusion la plus totale dans cette histoire. Il n'y a pas eu d'enlèvement. Ce que l'on peut concéder, c'est un irrespect anarchique du formalisme humanitaire. La manière d'agir de l'association dont le but était de sauver des enfants a sans doute dérangé", a expliqué Me Collard, avant de préciser qu'il "y a dans cette affaire une dimension politique qui nous dépasse".

Selon lui, le président tchadien Idriss Déby "n'est pas favorable" à la force militaire que l'UE doit déployer dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour sécuriser les camps de réfugiés du Darfour. "C'est là l'occasion pour lui d'intervenir devant les autorités françaises afin d'avoir une monnaie d'échange", a-t-il dit.

Interrogée sur ce point, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, Rama Yade, a assuré sur Europe-1 que "cette affaire-là n'ayant aucun rapport avec le déploiement de la force multidimensionnelle, il n'y a aucune conséquence possible. Et M. Déby nous en a assuré".

"Ces deux affaires n'ont pas absolument rien à voir. L'Etat français n'est absolument pas en cause dans l'affaire Arche de Zoé. C'est une bande d'illuminés qui ont monté cette opération parce qu'ils y croyaient, je suppose, et l'autre, c'est l'opération multidimensionnelle européenne, qui n'a absolument rien à voir", a-t-elle dit.

Christophe Letien, porte-parole de l'ONG, a par ailleurs démenti à nouveau les accusations tchadiennes. "L'équipe est composée de pompiers, de médecins, de journalistes. On ne peut pas imaginer que ces personnes de bonne foi qui sont intervenues de manière bénévole pour faire un sauvetage de ces enfants du Darfour soient ainsi mis en cause. Jamais l'association n'a voulu froisser les autorités et le peuple tchadien", a-t-il déclaré.

"On est arrivé au mauvais moment. Il y a eu des légèretés, nous ne maîtrisions pas tous les éléments", a reconnu Christine Peligat, une conseillère principale d'éducation originaire de Mourmelon-le-Grand (Marne), dont le mari Alain, professeur et responsable logistique de l'opération, fait partie des personnes interpellées.

Elle a assuré que les enfants sont bien des orphelins. "Nous avions 309 enfants prévus au départ, il y en a eu 103 au final. Dès qu'il y avait le moindre doute, l'enfant ne faisait pas partie du convoi". "Tout ce que nous voulions, c'était de donner la chance à un enfant de vivre. Les accusations de pédophilie ou de trafic ne nous atteignent pas", a-t-elle poursuivi.

Des représentants des familles d'accueil étaient également présents et ont réaffirmé leur soutien aux membres de l'ONG. "Il s'agit d'une petite association, non subventionnée. Il a donc été question de frais pour ce sauvetage. C'est une association qui fonctionne sur des dons et du bénévolat", a affirmé Rachel Sanchez, porte-parole du Collectif des familles pour les orphelins du Darfour. "En aucun cas, il n'y avait de garanties d'avoir un enfant si nous nous proposions comme famille d'accueil", a-t-elle poursuivi.

Me Collard et Me Céline Lorenzon, autre avocate de L'Arche de Zoé, ont indiqué qu'ils se rendraient au Tchad voir leurs clients, sans pouvoir toutefois préciser de date.

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Publié dans actualité télé

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