Arche de Zoé: des inculpés devant un juge, "cellule de crise" autour de Deby

Publié le par benoit

Le Premier ministre François Fillon, le ...

Le juge d'instruction de N'Djamena, chargé du dossier de la tentative de transport de 103 enfants du Tchad vers la France, a entamé samedi les auditions d'Européens et de Tchadiens inculpés dans ce dossier tandis qu'une cellule de crise a été réunie autour du président Idriss Deby.

Les auditions du juge pourraient aboutir à un élargissement des journalistes français et des hôtesses de l'air espagnoles de l'avion qui devait transporter les enfants depuis Abéché (est du Tchad). Ils sont inculpés de "complicité d'enlèvement de mineurs" avec l'association française Arche de Zoé responsable de l'ensemble de l'opération.

Le président Deby avait "souhaité" jeudi que les journalistes et hôtesses "soient libérés". Il a réuni samedi à la présidence à N'Djamena une "cellule de crise", comprenant notamment le Premier ministre et le ministre de la Justice.

Le consul d'Espagne à Yaoundé (Cameroun), Vicente Mas, s'est d'ailleurs dit confiant que tout l'équipage de l'avion, composé de sept Espagnols, serait rapidement remis en liberté.

Une partie des 21 inculpés est arrivée au palais de justice samedi matin "pour être entendus par le juge d'instruction", selon une source judiciaire. Il s'agit des trois journalistes français, des quatre hôtesses espagnoles et du président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, ainsi que trois des quatre Tchadiens inculpés dans l'affaire. Les journalistes et les hôtesses ont été entendus en premier.

Le groupe était toujours entendu samedi en fin d'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP, qui n'a vu aucun autre inculpé amené au palais.

L'Arche de Zoé affirme que les 103 enfants étaient des "orphelins" du Darfour, ce que contredisent les premiers éléments d'une enquête menée par des organisations humanitaires internationales.

Le Premier ministre français François Fillon a demandé de son côté au ministre des Affaires étrangères et au ministre de la Défense d'enquêter sur les circonstances qui ont permis à l'Arche de Zoé de dissimuler "son identité et ses agissements" aux personnels de l'Etat français notamment de l'ambassade de France à N'Djamena.

Les auditions du juge d'instruction "ont pour objectif d'arriver à la manifestation de la vérité et déterminer qui est impliqué dans cette affaire et qui ne l'est pas", selon une source judiciaire.

L'avocat de l'Etat tchadien, Me Philippe Housseini, a indiqué à l'AFP qu'après les auditions le juge transmettra le dossier au parquet pour les réquisitions.

"Au vu de ces réquisitions, le juge procédera soit à un renvoi (devant la justice) soit prononcera un non-lieu", a-t-il précisé.

Tous les inculpés avaient été regroupés vendredi à N'Djamena, après que la juridiction d'Abéché eut été dessaisie du dossier par la Cour suprême.

Les Neuf Français - six membres de l'Arche de Zoé et trois journalistes - ont été arrêtés le 25 octobre à Abéché alors que l'association allait embarquer les enfants dans un avion pour la France. Ils ont tous été inculpés pour "enlèvement de mineurs" et "escroquerie".

Quatre responsables tchadiens de la localité de Tiné, à la frontière avec le Soudan sont poursuivis pour "complicité" de même que les sept membres de l'équipage espagnol.

Tous ont été rejoints dans la capitale par un pilote belge qui avait acheminé une partie des enfants à Abéché depuis la frontière tchado-soudanaise. Il est détenu pour "complicité d'enlèvement de mineurs".

Les 21 inculpés, tous incarcérés, encourent de cinq à vingt ans de travaux forcés.

Le reporter Marc Garmirian (agence Capa) et le photographe Jean-Daniel Guillou (agence Synchro X) étaient en reportage pour couvrir l'opération. Le cas de Marie-Agnès Peleran, journaliste de France 3, est plus délicat car elle était en "congé humanitaire de solidarité".

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