Municipales: la droite part divisée à Nice par le duel Estrosi/Peyrat

Publié le par davidguerin

Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, ...

La bataille pour la mairie de Nice prend des allures de duel fratricide implacable avec la décision du maire de Nice Jacques Peyrat (UMP) de maintenir sa candidature face à Christian Estrosi, investi par l'UMP.

Jacques Peyrat, 76 ans, l'avait assuré dès le mois de janvier: "J'irai au combat même sans étiquette". Vendredi, il a ainsi pu se prévaloir d'une "fidélité à ce qu'(il) a dit depuis déjà lontemps" en confirmant sa décision d'être candidat à un troisième mandat à la mairie de Nice, sans aval de l'UMP.

Quelques heures plus tôt, le parti de la majorité avait accordé son investiture pour la course aux municipales à Nice au secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer et président du conseil général des Alpes-Maritimes Christian Estrosi, 52 ans.

Le secrétaire d'Etat s'est gardé vendredi soir de réagir aux propos de M. Peyrat, pas plus qu'il n'avait prononcé une seule fois le nom du maire de Nice lors du discours officialisant sa candidature, le 21 octobre.

Pourtant, Christian Estrosi ne s'était pas privé, dans ce discours, de décocher quelques flèches accérées à la politique du premier magistrat en matière de logements, notamment sociaux, de transports, de sécurité et de sauvegarde du patrimoine.

Deux dossiers ont approfondi la ligne de fracture entre les camps Estrosi et Peyrat ces dernières semaines: le regroupement des 2.200 employés municipaux dans une nouvelle mairie aménagée dans l'ancienne gare du Sud, un bâtiment classé du 19ème siècle, et la construction d'un palace sur le dernier terrain disponible de la Promenade des Anglais.

Le 14 septembre, six élus UMP, proches de Christian Estrosi, se sont abstenus au moment du vote sur le premier projet, jugé "disportionné". La fronde s'est accentuée un mois plus tard avec le vote de douze élus de la majorité contre le projet de palace.

Après ces "trahisons", comme les a qualifiées Jacques Peyrat, et le soutien exprimé par de nombreuses personnalités de la droite locale à la candidature Estrosi, le sénateur-maire de Nice sait qu'il va devoir compter ses troupes.

Pour autant, cet ancien compagnon de route de Jean-Marie Le Pen ne semble pas très enthousiasmé par la proposition du FN de constituer une liste commune. "Quand on a quitté un mouvement, ce n'est pas pour y revenir", a-t-il commenté.

L'édile table sur son bilan: redressement des finances publiques, exangues après l'ère Médecin, aménagements routiers, grande bibliothèque et le projet-phare de la première ligne de tramway qui entre en fonction fin novembre. Jacques Peyrat n'a pas non plus oublié qu'en 1995, il avait décroché son premier mandat sous l'étiquette DVD, en l'emportant sur le candidat officiel du RPR, Jean-Paul Baréty. L'ancien avocat veut croire que "ce ne sont pas les partis politiques qui font le maire de Nice", "ville fière et indépendante".

Selon un sondage commandé par l'UMP et publié début octobre, M. Estrosi devancerait largement, avec 50% des voix, M. Peyrat. Ce dernier obtiendrait 10% au premier tour de l'élection, contre un total de 27% aux trois listes de gauche.

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