L'ISLAMISTE ALGERIEN RICHARD RAMDA EN CORRECTIONNELLE à PARIS
PARIS-AFP- L'islamiste algérien Rachid Ramda comparait à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour sa participation présumée à la préparation des attentats sanglants de 1995 à Paris. Extradé de Grande-Bretagne en décembre après 10 ans en détention, Ramda, 35 ans, dit Abou Farès, avait fait l'objet d'une ordonnance de renvoi devant le tribunal en date du 5 février 1999, en même temps que 23 autres islamistes, soupçonnés d'avoir participé à la préparation des attentats. Au cours de ce premier procès, les trois principaux membres du réseau islamiste impliqué, Boualem Bensaïd, Smain Aït Ali Blekacem et Karim Koussa avaient été condamnés à 10 ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Le procès qui débute ce lundi ne doit viser que les actes préparatoires aux attentats et le soutien logistique apporté aux poseurs de bombes. Ramda est par ailleurs poursuivi dans le cadre d'une procédure criminelle portant sur trois attentats perpétrés dans le métro parisien en 1995, qui avaient fait 8 morts et 200 blessés au total. Ce qui, comme pour les autres membres du réseau islamiste impliqués, peut le conduire devant la cour d'assises de Paris. Considéré comme un "intellectuel" de la mouvance islamiste algérienne radicale, parfois présenté comme l'un des principaux dirigeants du GIA algérien (Groupe islamique armé) en Europe, Ramda est accusé par les autorités françaises d'avoir financé - entre autres - la série d'attentats. Il avait été arrêté en Grande-Bretagne le 4 novembre 1995 mais avait réussi à éviter son extradition en utilisant les recours offerts par une ancienne loi britannique. Son avocat, Me Guillaume Barbe a indiqué qu'il allait former plusieurs demandes devant le tribunal, dès le début de l'audience lundi. Il s'agit tout d'abord d'une demande de renvoi, compte tenu de l'enquête en cours de l'IGPN (la police des polices) sur les conditions des auditions de Boualem Bensaïd, dont certaines sont à charge pour son client. "Ramda critique depuis dix ans les conditions de l'audition de Bensaïd et juge que ses déclarations ont été obtenues sous la torture", a expliqué Me Barbe. "Tant que l'enquête de l'IGPN n'est pas terminée, il ne voit pas pourquoi il devrait répondre des accusations" contenues dans les auditions de Bensaïd, a souligné l'avocat. En outre, ce dernier compte faire une demande de remise en liberté pour son client qui "a déjà purgé le maximum de la peine qu'il encourt", c'est-à-dire 10 ans d'emprisonnement. Au cas où les deux premières demandes seraient rejetées, Me Barbe a indiqué qu'il en formerait une troisième, sous la forme d'une requête en nullité des auditions de Boualem Bensaïd. Ramda avait été condamné à mort en 1993 par contumace en Algérie, pour un attentat contre l'aéroport d'Alger qui avait fait 9 morts et 123 blessés.