NOUVEAU CA LUNDI AUTOUR D'UN PROJET DE 100 SUPPRESSIONS D'EMPLOI A LIBERATION

Publié le par davidguerin


 Les actionnaires de Libération, divisés sur les moyens de sauver le journal du dépôt de bilan, se sont donné jusqu'à lundi pour discuter d'un nouveau projet prévoyant plus de 100 suppressions d'emplois, mardi à l'issue d'un conseil d'administration de plus de quatre heures.Ils se réuniront le 13 novembre au siège de Libération, pour un nouveau conseil d'administration (CA) -- le cinquième depuis fin septembre.

 

Lors de la réunion de ce mardi, ils ont pris connaissance des résultats de l'audit effectué la semaine dernière dans les locaux du quotidien par l'administreur délégué de la Libre Belgique, François Le Hodey.

 

C'est sur la base de ses conclusions que de nouvelles discussions vont commencer dès mercredi entre la Société civile des personnels de Libération (SCPL, 18,4%), la direction financière, M. Le Hodey et le co-gérant de Libération, Philippe Clerget, ont indiqué à la presse plusieurs administrateurs à la sortie du conseil.

 

Le schéma présenté par M. Le Hodey est fondé sur une nouvelle organisation de la rédaction, de nouveaux outils informatiques -- numérisation de la photo, de la documentation... -- devant permettre d'éliminer certaines étapes techniques dans la fabrication du journal.

 

Selon un document présenté en séance, cette nouvelle organisation conduirait à la suppression de plus de 100 postes -- entre 101 et 106 (bien 101 et 106) -- sur 280 salariés.

 

La "rédaction écrivante" passerait ainsi de 138 journalistes actuellement à 50 ou 55, tandis que l'"édition" serait réduite de 28 à 16 journalistes.

 

L'actionnaire principal du journal, Edouard de Rothschild (38,8%) a précisé que le schéma présenté n'engageait que M. Le Hodey.

 

Mais le nombre de suppressions de postes envisagé correspond cependant au chiffre qu'il avait avancé lui-même depuis fin septembre: dans la dernière mouture de son projet, M. de Rothschild proposait 90 licenciements.

 

"Quels financements sont assurés derrière? Est-il possible de faire un journal de qualité avec autant de suppressions d'emploi?", s'est interrogée la gérante de la SCPL, Catherine Maussion.

 

"On a dit qu'on se mettait autour de la table pour voir s'il y avait quelque chose à tirer de tout ça, si on pouvait garantir un financement et à quelle hauteur", a-t-elle ajouté, estimant que le schéma proposé était pour le moment "proprement inconcevable".

 

D'ici à lundi, les discussions devront permettre de faire une analyse contradictoire du projet, de "chiffrer" les investissements qu'il induirait et d'en préciser les "conséquences sociales", a indiqué le PDG de Libération, Vittorio de Filippis.

 

En effet, M. Le Hodey n'a pas fourni d'estimation des investissements nécessaires au passage à cette nouvelle organisation.

 

Par ailleurs, Edouard de Rothschild ne s'est pas formellement engagé à financer ce projet, selon ces administrateurs.

 

Parallèlement, la recherche de nouveaux investisseurs susceptibles de financer le projet présenté par la SCPL et élaboré avec le concours de l'ancien directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, se poursuit, a précisé la SCPL.

 

Côté syndical, François Wenz-Dumas (SNJ) a jugé "inacceptable" un plan qui ramènerait l'équipe de Libération à 180 salariés, contre 340 en février.

 

"Libération risque de se replonger dans un conflit social alors que nous avions fait toutes les propositions pour trouver une solution en douceur", a-t-il déploré.
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Publié dans actualité télé

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