Bilan à Cannes de 12 ans de politique africaine chiraquienne

Publié le par davidguerin


© Frédéric de La Mure - M.A.E. 2007

 En ouvrant jeudi la conférence Afrique-France de Cannes, Jacques Chirac a dressé un bilan de ses 12 années de politique africaine, qu'il a dit avoir placées sous le double signe du partenariat et de la stabilité.

"Pour la France, l'Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre", a déclaré le chef de l'Etat français devant les représentants de 48 pays réunis au palais des Festivals.

"Depuis 12 ans, j'ai tenu à ce que, tout en assumant dans la fidélité son héritage historique, elle accompagne les évolutions du continent dans un esprit nouveau", a ajouté Jacques Chirac, dont le second mandat se termine en mai.

Le passé colonial de la France désormais loin derrière, "il s'agissait de refonder nos liens dans une relation vers l'avenir, de les élargir à l'ensemble du continent pour tenir compte des enjeux globaux", a-t-il fait remarquer.

"Tous les dispositifs français de coopération, civile et militaire, ont été rénovés. Avec un maître-mot : le partenariat. Avec deux impératifs : stabilité et solidarité", a encore noté Jacques Chirac.

Dans un message adressé à son éventuel successeur à l'Elysée, Jacques Chirac a rappelé que la France devrait tenir son objectif de porter l'aide bilatérale à 0,7% du PIB en 2012.

Revenant sur sa diplomatie africaine, il a rappelé ses efforts déployés pour faire inviter l'Afrique aux grandes réunions internationales, du G8 notamment, et ses initiatives en matière d'aide au développement.

"J'ai lancé, il y a trois ans, des travaux sur les financements innovants. Ils portent leurs premiers fruits, avec la contribution de solidarité sur les billets d'avion et Unitaid", a-t-il dit.

Officiellement lancé en septembre, le système Unitaid permet d'acheter des médicaments contre les grandes pandémies comme le sida, le paludisme et la tuberculose, qui font des ravages en Afrique.

Jacques Chirac a insisté sur les "atouts", les "chances", et le "trésor" que constituent les matières premières du continent africain, qui doit selon lui avoir une place à part entière dans la mondialisation.

"L'Afrique et le monde sont à la croisée des chemins (...) Il n'y aura pas de mondialisation réussie sans une Afrique forte et confiante. Mais les efforts de l'Afrique seraient réduits à néant, si le monde ne l'épaulait pas dans sa marche vers l'avenir", a-t-il dit.

"Mais le continent demeure confronté à des défis considérables : politique, écologique, économique et démographique", a-t-il souligné.

En réponse à ceux qui lui reprochent de soutenir des gouvernements peu démocratiques, Jacques Chirac a justifié la récente décision de Paris d'aider le Tchad et la République centrafricaine face à la crise qui secoue la région soudanaise du Darfour.

"La stabilité, c'est également veiller à l'intégrité territoriale : il s'agit pour la France d'un principe essentiel", a-t-il dit. "Ainsi apportons-nous notre appui au Tchad ou à la République centrafricaine, menacés par les risques au Darfour".

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