LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ETAIT DANS LES ALPES-MARITIMES

Le thème était l'éducation, mais cela ressemblait fort à un déplacement de campagne. A cinq jours du second tour des élections législatives, Nicolas Sarkozy a invité ses partisans à rester "mobilisés" pour confirmer la vague bleue dimanche prochain lors d'une visite dans les Alpes-Maritimes. Le chef de l'Etat a assuré que la démocratie ne serait pas menacée par la probable victoire écrasante de l'UMP.
Un air de déjà vu. A Valdeblore, village de montagne du Mercantour dont il venait visiter le lycée, le président était attendu par plusieurs centaines de personnes, une fanfare et les enfants des écoles munis de drapeaux tricolores. Arrivé en hélicoptère en compagnie du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos et de son ami Christian Estrosi, réélu dimanche dès le premier tour dans cette circonscription, il a pris son premier bain de foule de la journée dans une ambiance bon enfant.
Avant d'entrer dans le lycée, M. Sarkozy a fait son premier commentaire public sur le premier tour des législatives. Malgré la confortable avance de l'UMP, il a affirmé que "rien n'est joué". "Je dis à nos électeurs, tous ceux qui croient en nous et qui veulent me donner cette majorité, de rester mobilisés jusqu'à dimanche prochain", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat a récusé l'argument de la gauche sur le risque de lui confier tous les pouvoirs. "C'est une drôle d'idée. La démocratie serait en cause simplement si les Français ne votent pas à gauche?", a-t-il demandé. Il a rappelé le précédent les élections régionales de 2004, quand la gauche avait remporté 20 régions sur 22: "personne ne disait alors que la démocratie était en cause".
Nicolas Sarkozy a réitéré son engagement de poursuivre sur la voie de l'ouverture après le second tour et de respecter les droits de l'opposition pour "une démocratie qui fonctionne".
Le chef de l'Etat s'est ensuite consacré au thème de ce déplacement, l'éducation, en visitant le lycée de la montagne de Valdeblore, établissement-modèle qui prépare aux différents métiers de la montagne, puis le collège Port Lympia de Nice.
L'occasion de poursuivre son offensive de charme en direction des enseignants. Celui qui a donné satisfaction lundi aux syndicats en leur annonçant l'abrogation du décret Robien sur la suppression des heures de décharge a rappelé toutes ses promesses de candidat pour "une école républicaine de l'excellence". Il a notamment exprimé sa volonté de "répondre au malaise des enseignants" et insisté sur la nécessité de développer la place du sport et de l'enseignement artistique.
Durant sa visite, M. Sarkozy a soigneusement évité les sujets qui fâchent comme la suppression de la carte scolaire, les programmes ou les moyens de l'Education nationale. "On va proposer un certain nombre de réformes sans tabou", a simplement dit celui qui entend "s'engager très fortement pour faire bouger les choses".
Rebelote en début d'après-midi à Nice. Accueilli sur le port par des "Nicolas! Nicolas!" de plusieurs centaines de militants UMP, le chef de l'Etat a pris son second bain de foule de la journée sur le chemin du collège qu'il devait visiter.
Nicolas Sarkozy était en terrain conquis dans les Alpes-Maritimes, où il a obtenu 68% des voix le 6 mai. Sept députés sur neuf, tous estampillés majorité présidentielle, ont été élus dimanche dès le premier tour.
Un homme l'a suivi comme son ombre: Christian Estrosi. L'ancien ministre délégué à l'Aménagement du territoire est candidat à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale, un poste également convoité par Jean-François Copé. M. Estrosi pourrait se contenter d'un poste de secrétaire d'Etat. Les deux hommes en ont certainement parlé lors d'un déjeuner privé à la "Petite maison", une bonne table niçoise. AP