LE FILM DE L'ETAPE

Publié le par davidguerin

Cancellara, à toutes les vitesses

Vainqueur du prologue de Londres à plus de 53,7 km/h, Fabian Cancellara remporte l’étape de Compiègne, courue à une moyenne de 35,8 km/h. Le Suisse a mobilisé sa vitesse de pointe dans le dernier kilomètre, où les quatre échappés du jour, Matthieu Ladagnous, Nicolas Vogondy, Stéphane Augé et Frederik Willems ont été repris. L’attaque du maillot jaune achève les illusions des attaquants et surprend les principaux sprinteurs du peloton, qui ont dû se contenter des accessits.

Deux Français en tête
Les traces de la chute collective de la veille sont encore sensibles au départ de l’étape, mais deux candidats se signalent tout de même au km 6. Matthieu Ladagnous (Fra – FDJ), instigateur du mouvement, est suivi de Nicolas Vogondy (Fra – AGR). Les deux Français n’ont pas besoin de batailler longtemps pour obtenir un bon de sortie : vingt kilomètres plus loin, ils roulent avec 11 minutes d’avance sur le peloton.

33,5 km/h de moyenne
Sans précipitation, les coéquipiers du maillot jaune Fabian Cancellara se mettent en action au km 44, où un écart de 13’50’’ est enregistré entre les échappés et le peloton. En tête de course comme à l’arrière, l’allure reste modeste : après cinq heures de course, la moyenne des deux leaders n’est que de 33,5 km/h. Entre temps, le peloton a eu l’occasion de saluer Jean-Marie Leblanc, posté sur le parcours dans son village de Fontaine-au-Bois, où Romain Feillu est allé chercher deux points sur la ligne du sprint intermédiaire. Cette petite sortie lui permet de se placer provisoirement en troisième position du classement par points, à égalité avec Steegmans.

Augé obtient réparation
C’est avec Cédric Vasseur (Fra – QST) et Anthony Charteau (Fra – C.A) que les formations Quick Step et Crédit Agricole commencent à apporter leur soutien aux équipiers du Maillot Jaune, alors qu’il reste 115 km à parcourir jusqu’à Compiègne. Un léger effort rapproche le peloton aux alentours de quatre minutes, mais l’état d’urgence n’est pas déclaré. L’ambiance est d’ailleurs toujours au non interventionnisme lorsque Stéphane Augé (Fra – COF) décide, 29 km avant l’objectif, de partir à la chasse au point qui lui permettrait d’endosser le maillot à pois. Inspiré, Frederik Willems (Bel – LIQ) décide de l’accompagner. Les deux contre-attaquants opèrent la jonction avec Ladagnous et Vogondy au km 184. Frustré de la mésaventure de l’avant-veille, Augé obtient réparation en passant en tête au sommet de la côte de Blérancourt.

La meilleure défense, c’est l’attaque
Une course poursuite s’engage alors entre le peloton, qui s’anime enfin, et quatre coureurs plutôt frais dont le défi devient réalisable : à 20 km de l’arrivée, ils ont 2’18’’ d’avance. A 5 kilomètres, il ne leur reste que 27’’. Ce petit capital pourrait être suffisant, mais les quelques hésitations, puis les tentatives d’attaque de Willems, condamnent les échappés. Alors que les gros sprinteurs du plateau s’apprêtent à livrer leur dernier effort, c’est Fabian Cancellara qui fond sur le groupe de tête en décomposition, à 500 m de la ligne. Plus frais, plus puissant, il les déborde puis résiste jusqu’au bout au retour de Zabel, Napolitano, Boonen. Voilà ce qu’on appelle défendre son maillot jaune.

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Publié dans LE TOUR DE FRANCE

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