LES INVITES DU BLOG DAVID GUERIN
Le maillot jaune du Tour a coiffé à Compiègne les quatre coureurs échappés ainsi que tous les sprinteurs du peloton. Le coup n’était pourtant pas prémédité.
« J’ai vu les pavés, et je me suis dit qu’il fallait que je gagne dans la ville de départ de Paris-Roubaix, avec le maillot jaune sur les épaules. C’est un moment très spécial. Cela se passe à la fin d’une très longue journée, mais quand je regarde en arrière, c’était tout simplement parfait. Je n’avais jamais pensé à remporter cette étape. Je voulais juste ariver à la fin sans tomber, car je savais que les derniers kilomètres n’étaient pas si faciles. Puis j’ai vu que j’étais en bonne position alors je me suis dit que j’allais mettre les pleins gaz, et voir ce qui allait se passer.
Normalement je ne pense jamais à ce genre de coups, mais dans l’excitation du final, c’est l’instinct qui a parlé. On ne programme pas ce qui vient de se passer. »
: « Il a été incroyablement fort »Le sprinteur belge n’a pas fait évoluer son compteur de victoires d’étapes, mais a privilégié le marquage de Robbie McEwen dans l’optique de la défense du maillot vert. Comme les autres, il a été surpris par Cancellara.
« Fabian Cancellara est parti vraiment vite. Il a été incroyablement fort. A ce moment-là, j’étais déjà entrain de prendre la roue de McEwen et de faire ma course. Je ne pouvais pas me permettre de réagir à toutes les attaques, alors j’ai pris le risque de suivre McEwen. Je ne pouvais rien faire contre Cancellara.
Tout ceux qui étaient impliqués dans le jeu habituel des arrivées au sprint n’ont pas pu répondre à son attaque.
Finalement je n’ai pas gagné l’étape, mais j’ai gardé le maillot vert. C’était les deux choix qui s’offraient à moi, et c’est pour cela que je marquais Robbie »
Parti au km 6, Matthieu Ladagnous a passé près de 230 km en tête de course. Le rythme a été particulièrement lent pendant la majeure partie de la journée.
« Pendant toute la journée, le rythme a été volontairement lent car nous n’avons pas voulu nous faire mal aux jambes e prévision du final. Nous savions qu’en accélérant, nous provoquerions aussi l’accélération du peloton. Le peloton a donc joué avec nous, et nous avons joué avec le peloton. Le plan était d’essayer d’arriver à 40-50 km de l’arrivée avec 4 ou 5 minutes d’avance. Cela a presque marché.
Lorsque Augé et Willems sont arrivés, j’ai vraiment commencé à y croire. Ensuite j’y ai cru jusqu’au bout enfin jusqu’au moment où Cancellara nous a doublé. Se faire reprendre à 200 mètres de l’arrivée, c’est quand même rageant »
Déçu l’avant-veille dans sa quête du maillot à pois, le Français a mis une stratégie en place pour l’endosser aujourd’hui. Avec succès.
« C’est une satisfaction, car c’était un de mes objectifs de porter ce maillot. Même si je ne le porte qu’un jour et que je le perds demain, j’ai eu ce que je voulais. C’était le but de ma journée, mais ensuite quand nous avons réalisé que la victoire d’étape était peut-être jouable, il fallu tout donner. Cela se joue finalement à peu de choses. D’abord nous étions un peu cuits, ensuite il a eu cette petite portion de pavés qui nous a ralentis, et nous nous sommes un peu trop regardés ».