Tour de France: Vinokourov positif, perquisition à l'hôtel d'Astana à Pau

Les forces de l'ordre ont effectué mardi soir une perquisition à Pau dans l'hôtel de l'équipe Astana, du Kazakh Alexandre Vinokourov dont un contrôle antidopage a révélé la pratique d'une transfusion sanguine homologue.
En réaction, les coureurs des six équipes françaises et les deux allemandes ont prévu d'observer un mouvement de protestation contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France, mercredi matin à Orthez (Pyrénées-Atlantiques).
Les coureurs doivent s'avancer sur la ligne de départ pour effectuer un sit-in pendant quelques minutes.
Mardi, une vingtaine de membres de forces de l'ordre portant des sacs de sport sont entrés dans l'hôtel d'Astana sans faire de commentaire. Un peu plus tard, ils ont rempli des sacs poubelle noirs d'objets non identifiés provenant du bus de l'équipe Astana. Les fonctionnaires ont ensuite fouillé dans des sacs poubelle noirs qui leur ont été apportés par le personnel de l'hôtel. Les forces de l'ordre ont quitté l'hôtel de l'équipe d'Astana mardi soir en emportant de nombreux sacs et cartons remplis d'ojets non identifiés.
Vinokourov aurait quitté l'hôtel par une porte dérobée à 16h30 (14h30 GMT). Le car de l'équipe Astana était toujours devant l'hôtel dans lequel se trouvaient les coureurs et l'encadrement de l'équipe.
Vinokourov, 33 ans, a été contrôlé samedi soir à Albi, à l'issue de sa victoire dans le contre-la-montre. Il a subi un nouveau contrôle antidopage sanguin lundi soir à Loudenvielle, au terme de la 15e étape qu'il a également remportée.
L'équipe Astana a suspendu le coureur kazakh et a décidé de se retirer du Tour.
Le Kazakh, éliminé de la course pour le succès final (23e à 28 min 51 sec) mais vainqueur à deux reprises en trois jours, a été contrôlé positif (à partir de l'échantillon "A") pour transfusion homologue, c'est-à-dire l'apport de sang compatible après son succès de Pau. Ce jour-là, "Vino" avait dominé la course et relancé ses chances de victoire dans un Tour qui avait tourné mal pour lui dès la première semaine, quand il était tombé au cours de la 5e étape à l'approche d'Autun.
Blessé notamment aux deux genoux, le Kazakh, qui avait dû recevoir de nombreux points de suture, s'était accroché dans l'espoir fou de réussir à gagner enfin, à l'âge de 33 ans, le Tour de France. Son obsession. Dans cette optique, Vinokourov avait su trouver l'an dernier les moyens dans son pays pour financer une équipe, appelée du nom de la capitale Astana, et l'organiser autour de lui, avec son jeune compatriote Andrey Kashechkin et surtout l'Allemand Andreas Klöden, qui ont quitté eux aussi la course.
Comme Lance Armstrong, le septuple vainqueur du Tour qu'il a évoqué avant le départ de Londres, "Vino" avait eu aussi recours aux services du préparateur italien Michele Ferrari, un médecin à la réputation sulfureuse. Au point d'être stigmatisé par le président de l'UCI, l'Irlandais Pat McQuaid, qui estimait avant le Tour que son éventuelle victoire serait moins crédible.
"Michele Ferrari n'est pas mon médecin, c'est mon entraîneur particulier", s'était justifié le Kazakh avant le départ de Londres.
L'explication n'avait pas levé tous les doutes sur Vinokourov, qui n'avait jusqu'à présent jamais été contrôlé positif depuis son début de carrière en 1997. Ni sous le maillot Telekom (devenu T-Mobile), où il s'était lié avec l'Allemand Jan Ullrich, emporté par l'affaire de dopage Puerto. Ni sous le maillot Astana, endossé voici treize mois.
"Les tricheurs jouent à la roulette russe désormais. Ceux qui continuent à tricher, à jeter l'opprobe sur tout un sport, il faut qu'ils comprennent que notre détermination est totale", a estimé Christian Prudhomme, le directeur du Tour, visiblement en colère. Christian Prudhomme a surtout mis en cause "la faillite absolue du système", qui ne protège pas la plus grande course du monde, en visant le circuit ProTour mis en place par l'UCI. Même si Astana, membre du ProTour, a été invitée par les organisateurs.